Author archives: Agnès Olive

Algopack : du plastique avec des algues

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Un entrepreneur français, Rémy Lucas, a mis au point un bioplastique innovant fabriqué à partir d’algues brunes. Il y a longtemps qu’on en rêvait… un ingénieur breton l’a fait ! Du plastique 100 % biodégradable et compostable, et la recette de fabrication n’utilise ni pesticide, ni engrais et très peu d’eau. Même plus : la vitesse de décomposition de cette matière est fulgurante : quelques heures seulement (contre 500 ans pour un plastique classique) ! L’usine d’Algopack créée par Rémy Lucas en 2010 est basée à Saint-Malo. Elle reçoit chaque semaine une tonne d’algues brunes qui deviendront des panneaux signalétiques, des jouets, ou encore des clefs USB ou des tablettes tactiles. La matière première est produite par des algoculteurs qui récoltent les algues en mer après les avoir fertilisées en écloserie. Les algues arrivent dans l’entrepôt et en ressortent sous forme de micro-billes de matière rigide, conditionnées dans des sacs de 500 kilos. La méthode de fabrication reste secrète : « Algopack a été victime d’espionnage industriel, explique l’ingénieur, nous sommes dans un secteur ultra-concurrentiel, aux enjeux économiques colossaux, alors qu’une start-up comme la nôtre prenne autant d’avance, cela aiguise forcément les appétits »… Soucieuse de son impact environnemental et de la mise en valeur des ressources régionales, l’entreprise réalise culture, récolte et transformation des algues dans un rayon de 250 km. Une nouvelle industrie à suivre de près ! Et de nombreux nouveaux produits arrivent cette année 2016 sur le marché.

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Le Costa Rica : l’exemple à suivre…

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Le Costa Rica, pays d’Amérique centrale regorge de paysages d’une insolente beauté. Bordé à l’est par la mer des Caraïbes et à l’ouest par l’Océan Pacifique, cet écrin de verdure entre deux Amériques est devenu depuis une quinzaine d’années une référence en matière d’écotourisme et de préservation de l’environnement. C’est tant mieux car la géographie du pays est à l’origine d’une multiplicité d’écosystèmes : de la mangrove à la forêt pluviale côtière en passant par les prairies subalpines…

Ainsi le Costa Rica bénéficie d’une biodiversité faunistique et floristique exceptionnelle, il est peut-être le pays qui a la plus grande diversité d’espèces au monde : plus de 200 espèces d’oiseaux migrateurs venus d’Alaska ou d’Australie y hivernent et près de 850 espèces ont été recensées au sol, on compte environ 237 espèces de mammifères et 361 espèces de reptiles et d’amphibiens. La biodiversité végétale est, elle aussi, impressionnante : 10 000 espèces de plantes vasculaires ont été inventoriées et chaque année, de nouvelles espèces sont découvertes…

Alors comment a-t-on pu préserver une telle beauté naturelle ? Tout simplement grâce à une volonté politique sans équivoque. La préservation de l’environnement et l’intérêt accru du Costa Rica pour l’écologie ne datent pas d’hier. Depuis le milieu du XIXème siècle, on trouve des discours politiques teintés d’écologie et une volonté de protéger l’environnement. Une conscience qui n’a cessé de progresser depuis, avec en 1948, l’Organisation des Études Tropicales (OTS) et en 1963, le Centre Scientifique Tropical (CST), puis la création de la première réserve biologique « Cabo Blanco ». En 1969, la loi forestière est mise en place et sera renforcée en 1989 avec la mise en place des Aires de Conservation et du réseau des parcs nationaux et réserves biologiques.

Aujourd’hui, le pays compte 21 parcs nationaux et aires protégées : près de 30 % de sa superficie est en espace protégé ! Il se place parmi les leaders mondiaux quant à l’utilisation des énergies renouvelables : 95 % de sa consommation nationale provient des énergies alternatives ! Et le must : depuis 1948 le pays a supprimé son armée, il préfère investir dans la protection de son patrimoine naturel !

Des maisons en bambou à Bali

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Et si le bambou était le matériau écologique de l’avenir ? Résistant, léger, bon marché, il trouve une utilité dans une foule d’objets, du simple vélo aux plus grandes constructions. Et c’est précisément dans le secteur du BTP, l’une des industries les moins durables au monde, que ce végétal pourrait prendre tout son sens. En faire un matériau de choix dans le bâtiment, c’est précisément le combat de Elora Hardy qui a quitté une brillante carrière dans la mode à New York pour revenir sur l’île où elle est née et a passé toute son enfance, Bali, et lancer son projet de construction d’habitat en bambou avec son agence Ibuku. Son père, John Hardy, est le fondateur de la Green School à Bali et c’est là qu’elle a découvert des constructions en bambou. « La première fois que j’ai observé ces structures en construction à la Green School il y a six ans, j’ai trouvé ça parfaitement sensé. Le bambou pousse tout autour de nous, il est fort, il est élégant et résiste aux séismes » confit-elle. Récolté localement par des paysans de l’île de Bali, facilement transportable et souple, le bambou permet de construire des habitations plus traditionnelles mais aussi des maisons très innovantes ou encore des édifices majestueux et luxueux. Finalement Elora a fondé tout un village qu’elle a appelé le « Green village » où toutes les habitations sont entièrement construites à base de bambou. Bien sûr ce type de construction n’est pas transposable partout dans le monde mais certainement dans beaucoup d’autres pays, et dans le paysage indonésien et sa culture, non seulement il permet d’utiliser des matériaux naturels et locaux, mais aussi de perpétrer des savoir-faire indigènes… et cerise sur le gâteau : c’est super beau !

Des arbres à vent en ville !

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Des éoliennes en forme d’arbre permettront bientôt d’alimenter les villes en électricité ! Après trois ans de développement, la société française NewWind s’apprête à lancer sur le marché des modèles d’éoliennes en forme d’arbre. Une solution d’avenir pour éclairer nos villes… C’est grâce au « biomimétisme », ingénierie qui s’inspire du vivant et de la nature, décidément de plus en plus utilisé par les ingénieurs, que cette société a imaginé et créé des arbres en acier de 9 mètres de haut sur 7 mètres de diamètre. Ces éoliennes miniatures constituent une alternative supplémentaire pour éclairer nos villes grâce aux énergies renouvelables. Esthétiques et totalement silencieuses, elles s’enracinent avec discrétion dans le décor urbain. Le dispositif est agrémenté de 63 feuilles, des mini-éoliennes appelées « Aeroleafs » qui font office de palmes captant le moindre souffle d’air sur 360 degrés. « Les petites éoliennes en forme de feuilles captent le souffle des villes, elles produisent de l’électricité à partir d’une vitesse de vent de 7 kilomètres/heure » explique Serena Mbengue, assistante de direction chez NewWind. Chaque arbre produit 4 kilowatts, l’équivalent de 15 lampadaires de 50 watts, soit la puissance nécessaire pour éclairer 70 places de parking ou 100 mètres carrés de bureaux à basse consommation. Ce dispositif permet de faire des économies d’énergie : chaque arbre à éolienne équivaut à la production de 864 kilos de charbon et 41 bidons de 15 litres d’essence. Exposés en avant-première sur le site du Bourget pendant la COP 21, ces arbres ont déjà séduit en Allemagne et en Suisse, où ils commencent à être plantés. En France, les villes d’Aubervilliers et de Vélizy-Villacoublay auraient déjà passé commande. Mais leur taille imposante limite néanmoins l’installation de véritables forêts d’éoliennes en pleine ville. « L’arbre à vent n’a pas vocation à joncher les trottoirs, il alimentera les bâtiments communaux ou les centres commerciaux, comme c’est déjà le cas en Allemagne », précise Serena Mbengue. Les ingénieurs de NewWind réfléchissent maintenant à un prototype plus discret et accessible aux particuliers sur le principe du buisson…

La révolution de la douche !

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À San Francisco, aux États-Unis, des ingénieurs de la Silicon Valley ont créé un pommeau de douche qui, grâce à un procédé utilisé dans l’agriculture, atomise l’eau en millions de minuscules gouttelettes, façon brumisateur géant. On obtient ainsi la même impression qu’avec un pommeau classique, mais en consommant 70 % d’eau en moins. Aux États-Unis, une douche normale fait 75 litres en moyenne pour 70 litres en France.

Avec ce nouveau système, ce serait seulement une vingtaine. Il aura fallu cinq ans à cette start-up californienne, Nebia, pour développer son projet. Le financer a été bien plus rapide. Il y a quelques jours ils ont mis leur concept sur la plateforme de financement participatif Kickstrater avec pour objectif de récolter 100 000 dollars, soit 90 000 euros. Deux jours plus tard, la barre du million était largement dépassée.

Philip Winter, patron et cofondateur de Nebia, explique : « La campagne sur Kickstarter a été incroyable, un déluge de soutien et d’intérêt en provenance du monde entier ! Nous voulons changer la manière dont les gens pensent à l’eau dans leur vie quotidienne, en créant une expérience plus agréable et en économisant 70 % de l’eau ». Le produit sera commercialisé en mai 2016. D’après les calculs, si tous les Californiens étaient équipés de ce pommeau, l’économie serait de 757 milliards de litres d’eau chaque année. Une réduction drastique de la consommation d’eau, un thème vendeur, et pour cause, en pleine sécheresse en Californie…

Mangez 5 fruits et légumes moches par jour !

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Fini le temps où on jetait des tonnes de fruits et légumes parce qu’ils étaient moches ! En plus des invendus et des périmés, ces légumes différents participaient au gigantesque gaspillage alimentaire qui sévit dans la grande distribution. Aujourd’hui les choses sont en train de changer : de nombreuses enseignes de distribution vendent les fruits et légumes « mal foutus » à bas prix pour inciter les consommateurs à les acheter et lutter ainsi contre la dictature des produits calibrés et ont lancé dernièrement des campagnes de publicité pour faire la promotion de ces produits difformes, campagnes qui ont rencontré un franc succès car il faut bien le dire, quelquefois ces végétaux sont franchement très insolites, ce qui a pu donner lieu à des photos très amusantes !

C’est tellement ridicule de ne pas acheter ces légumes parce qu’ils ne répondent pas à des standards de beauté, comme s’il s’agissait de mannequins qui défilent pour de la haute-couture alors qu’en plus, la plupart du temps, on les pelle et on les coupe pour les faire cuire (ou pas) ! Et les consommateurs qui sont beaucoup plus intelligents que ce que l’on croit semblent très favorables à cette petite révolution commerciale. Il faut dire que non seulement cela permet de lutter contre le gaspillage alimentaire mais également de faire des économies puisque c’est moins cher. Et pour avoir évidemment exactement le même goût ! Car pour les fruits et légumes aussi, l’habit ne fait pas le moine !

La ferme du Bec-Helloin : un havre de permaculture

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Perrine était juriste, Charles Hervé-Gruyer marin. Lorsqu’ils se rencontrent et décident de vivre ensemble, il a 46 ans et elle 30. Il a deux enfants, elle aucun. Ils avaient en commun une passion pour les thérapies psychocorporelles (relaxation, sophrologie, yoga). Après leur voyage de noces, en 2004, ils décident d’acheter avec leurs économies une maison en Normandie avec 6500 m2 de terrain et de créer une ferme biologique : ils veulent voir leurs enfants grandir dans un milieu sain et les nourrir du travail de leurs mains. Mais au début c’est très difficile car ils ne sont pas du métier et en plus, leurs pâturages de la ferme du Bec-Helloin se révèlent, selon les modèles traditionnels, impropres à la culture… jusqu’au jour où ils découvrent la permaculture ! Créé en 1970 par des australiens, ce terme signifiait à l’origine « agriculture permanente ».

En fait le concept est très simple : il suffit d’imiter la nature telle qu’elle fonctionne depuis toujours ! Pour cela la permaculture cherche à concevoir des installations humaines harmonieuses, durables, résilientes, économes en travail comme en énergie, à l’instar des écosystèmes naturels. Ses concepts de design reposent sur un principe essentiel : positionner au mieux chaque élément de manière à ce qu’il puisse interagir positivement avec les autres. Il s’agit de créer des interactions bénéfiques, comme dans la nature où tout est relié. Dès lors, chaque fonction est remplie par plusieurs éléments et chaque élément remplit plusieurs fonctions, les déchets de l’un deviennent les produits de l’autre, les plantes se protègent et s’entraident entre elles, permettant au tout d’être davantage que la somme des parties. C’est une vision holistique, organique du monde. Et en plus d’être très efficace sur la production agricole, notamment sur les petites surfaces, elle favorise l’émergence d’une société solidaire et centralisée.

Aujourd’hui la ferme du Bec-Helloin est un modèle de développement durable, étudié, admiré et imité en France et dans le monde entier : elle crée sans cesse de nouveaux emplois et accueille plus de 600 élèves en formation par an, professionnels et particuliers.

 

Les feuilles mortes revivent… et que c’est beau !

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Trouvant que les feuilles mortes d’automne étaient absolument magnifiques, l’artiste iranien Omid Asadi a décidé de travailler sur ces fragiles éléments de la nature. Il transforme les feuilles mortes en de véritables œuvres d’art, utilisant ces objets de la nature de la même manière qu’un autre artiste utilise une toile, mais au lieu de peindre, il sculpte les feuilles en se servant d’un couteau très fin et tranchant et cela avec une incroyable finesse ! Le résultat est d’une poésie inouïe… Omid a commencé à s’intéresser à l’art dès son enfance en dessinant sur des fleurs avec une aiguille en Iran. Il dit s’en être inspiré plus tard quand il a commencé à travailler sur les feuilles mortes. Il reproduit avec une précision de chirurgien des portraits, des tableaux et des animaux ou crée aussi ses propres gravures qui sont de toute beauté. Il donne vie à des images à l’aide de la matière de la feuille mais il utilise aussi l’espace négatif qu’il crée en la découpant ou encore se sert des pièces découpées dans le cadre d’une image finale. Une seule feuille peut lui prendre jusqu’à 2 mois de travail ! Précis et délicat, c’est plus fin que de la dentelle et il réussit tout de même à nous raconter de jolies histoires… L’artiste a montré ses œuvres dans de prestigieux endroits, dans des expositions à Londres et à Manchester en Angleterre où il vit avec sa femme, ainsi qu’à Milan en Italie. On ne se lasse pas de regarder ce travail. Fascinant.

 

Vancouver ville verte !

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Devenir la ville la plus verte du monde d’ici à 2020 : voilà le défi que s’est fixé la ville de Vancouver en 2011. Depuis elle adopte un plan d’action en droite ligne avec son objectif et lors de la conférence intitulée « Passer au vert, des choix intelligents pour un avenir durable », qui s’est déroulée dernièrement au Palais des congrès de Montréal, Penny J. Ballem, directrice générale de la ville de Vancouver, est venue présenter le modèle et les ambitions de la métropole pour atteindre ce plan ambitieux.

D’abord verdir la ville : ajouter des espaces verts, des parcs, des pistes cyclables, des jardins communautaires pour une agriculture urbaine et la municipalité a réservé un fonds de 2 millions de dollars de subventions pour inciter les entreprises locales à rendre leur espace et leur voisinage plus vert. Ensuite développer une économie verte. Vancouver veut doubler le nombre d’emplois dits verts d’ici 2020 : 15 000 à ce jour soit seulement 5 % du total des emplois doit passer à 10 % et la ville espère aussi doubler le nombre d’entreprises s’engageant à rendre leurs activités plus respectueuses de l’environnement sur son territoire en soutenant les grappes d’économie verte et les pôles d’activité reliés aux innovations technologiques, au recyclage et à l’innovation sociale. Enfin, dernière action et non la moins importante : réduire. La municipalité de Vancouver a déjà diminué largement ses émissions de CO2 dans les transports (en généralisant les transports en commun électrique ou à pied et à vélo) et s’est engagée à réduire drastiquement ses déchets avec plusieurs mesures phare comme, après les sacs plastique, l’interdiction des fameux gobelets à café à emporter très populaires outre-Atlantique ! On va aimer Vancouver !!

 

Des gorilles non seulement intelligents mais solidaires !

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Pour la première fois, des gorilles rwandais ont été observés en train de détruire des pièges de braconniers. Quelques jours auparavant, un de ces pièges avait tué l’un des leurs… En vérité, les pièges sont destinés aux antilopes et autres espèces pour leur viande mais ils capturent parfois accidentellement des singes qui n’intéressent pas ces chasseurs et les laissent mourir. Les hommes construisent les pièges en attachant une corde à une branche ou à une tige de bambou. En utilisant la corde, ils tirent la branche vers le bas, la tordant. Ils se servent ensuite d’un bâton courbé ou d’une pierre pour maintenir la corde au sol, en gardant la branche sous tension. La corde est camouflée par de la végétation. Quand un animal bouge le bâton ou la pierre, la branche jaillit vers le haut, resserrant la corde autour de la proie.

Les adultes sont alors assez forts pour se dégager mais les jeunes restent souvent prisonniers et meurent, ce fut le cas dernièrement pour le jeune gorille prénommé Ngwino. « Aujourd’hui, notre équipe présente sur le terrain a observé plusieurs jeunes gorilles du groupe Kuryama détruisant des pièges » raconte Veronica Vecellio, la coordinatrice du programme pour les gorilles du Dian Fossey Gorilla Fund au Karisoke Research Center, qui était elle-même dans la réserve lorsque l’évènement a eu lieu. « On a vu deux gorilles de 4 ans Dukore et Rwema, ainsi que Tetero au dos noir, détruire ensemble la branche utilisée pour tenir la corde. Ils ont vu un autre piège à proximité et, aussi rapidement que précédemment, ils ont détruit la seconde branche et tiré la corde sur le sol », poursuit-elle encore.

Une observation inédite pour les plus grands observateurs de gorilles sauvages au monde ! Pour venir à bout de ces pièges, les jeunes gorilles ont agi en collaboration. Rwema a sauté sur la branche pliée et l’a cassée, pendant que Dukore a libéré le nœud. Des gorilles plus qu’intelligents… en tout cas au moins aussi ingénieux que les humains qui posent les pièges !