Author archives: Agnès Olive

La Charrette, site de rencontres pour les pros du locavore

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Consommer local est LA solution, nous le savons – et si c’est Bio en plus alors c’est parfait ! Pourtant les producteurs ne vendent pas toujours en local car c’est souvent et bizarrement plus compliqué de vendre autour de son exploitation que beaucoup plus loin, ce qui s’explique par le coût de la livraison souvent en plus petite quantité… La Charrette, société fondée par deux sœurs savoyardes, Marie et Laura, est pionnière de la logistique des circuits locaux depuis 2016. Les entrepreneuses ont d’abord commencé en s’intéressant à la co-livraison, c’est à dire en permettant à des producteurs de mutualiser leurs livraisons en partageant les frais engendrés, un genre de « Blablacar » du locavore ! Puis très vite elles réalisent que ces mutualisations ne sont pas suffisantes pour aider les circuits locaux à passer à l’échelle supérieure et dès 2019 elles développent une offre de transport dont les acteurs du circuit local avaient besoin pour se développer : un réseau de transporteurs indépendants et formés au transport de produits locaux. Ainsi une « bourse de fret » des circuits courts permet, depuis, de connecter les acteurs qui gèrent des flux de produits locaux (souvent des intermédiaires) avec des partenaires logistiques fiables et adaptés à leurs enjeux. Finalement c’est un réel réseau social (un genre de LinkedIn) qui se met en place entre professionnels du locavore en France. La Charrette regroupe ainsi aujourd’hui pas moins de 8 000 producteurs, 2 000 acheteurs professionnels (que ce soit des restaurants, des magasins, des marchés, même des cantines…), 5 000 transporteurs et 200 collectivités. L’inscription est gratuite mais pour les utilisateurs qui payent une adhésion très peu élevée, c’est la possibilité de travailler tout en local : on peut partager un entrepôt ou un transport, on peut utiliser la co-livraison… sur le site tout est répertorié. Encore une belle initiative, on dit bravo 🙂

Photo @Claude de Garam

www.lacharette.org

Aux arbres citoyens !

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L’association Aux arbres citoyens ! récolte les fruits non cueillis (et parfois même les légumes) pour les distribuer aux plus démunis, quelle bonne idée, c’est social, solidaire et c’est antigaspi alimentaire !! Tout a commencé l’été 2020 à La Rochelle entre amis avec l’envie toute simple d’aller cueillir ensemble pour agir contre le gaspillage à l’œuvre dans les jardins et partager les fruits avec les personnes ne pouvant pas s’en offrir. Dès les premiers mois, l’initiative a rapidement prouvé son utilité et a mis en action une centaine d’habitants du territoire en lien avec les structures d’aide alimentaire locales, tout ça dans la joie et la bonne humeur ! Puis le projet a fait écho au-delà des frontières rochelaises et plusieurs personnes ont souhaité reproduire le projet sur leur territoire. Aux arbres citoyens ! décide alors de passer la vitesse supérieure pour ouvrir une deuxième antenne à Strasbourg, puis dans le Golfe du Morbihan, puis dans le Val de Saône, et puis c’est pas fini… car vous pouvez ouvrir une antenne dans votre région, si cela vous intéresse, il suffit de contacter l’association fondatrice qui vous aidera à monter votre propre initiative. Les ramassages sont de purs moments de partage, de rencontres entre bénévoles, que du bonheur ! Voilà comment participer simplement et efficacement à un monde plus juste et solidaire, plus respectueux des ressources, et de la nature : on adore 🙂

www.aux-arbres-citoyens.org

Anine Cecilie Iversen, les femmes fleurs

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Les femmes sont des fleurs pour Anine Cecilie Iversen ! Cela peut paraître un peu « cliché » mais les femmes de cette artiste qui sont emmitouflées dans de larges manteaux aux motifs floraux finissent par devenir elles-mêmes des fleurs et c’est très beau !! Anine (un prénom à l’intonation très provençale !), artiste et designer graphiste vit et travaille à Copenhague au Danemark. Elle a commencé à dessiner et à peindre très tôt, initiée par son père, professeur d’art et a parcouru avec lui tous les musées de France et de Navarre ! Elle trouve son inspiration dans la mode, l’art moderne mais surtout la nature, cette source inépuisable d’inspiration pour tant d’artistes… Elle crée ses peintures à l’aide d’aquarelles, de gouaches, de crayons de couleur et de pastels à l’huile. Elle décrit son art comme une étude des couleurs vibrantes, des formes organiques, de la féminité, des silhouettes audacieuses et de l’être humain moderne tout entier dans sa grande vulnérabilité. Aujourd’hui elle utilise pour ses œuvres le nom de La Poire et il y a d’ailleurs souvent des fruits aussi dans ses tableaux, des femmes croquant un fruit… celui du pêché ou de la connaissance ? La question restera en suspend… seule certitude : ses femmes sont gracieuses, faibles et fortes à la fois, exactement comme sont les fleurs 🙂

Le Mouvement Impact France veut verdir l'économie

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Bye bye les organisations patronales traditionnelles qui revendiquent toujours les mêmes demandes : moins d’impôts, moins de taxes, moins de lois, de restrictions… le Mouvement Impact France croit à une nouvelle économie, celle de demain, celle des entrepreneurs et dirigeants qui mettent l’impact écologique et social au cœur de leur entreprise. On veut y croire nous aussi ! Co-présidé de manière paritaire par Julia Faure, fondatrice de la marque de textile Loom et Pascal Dumerger, directeur général de la MAIF, Impact France est né il y a bientôt quatre ans de la fusion de deux mouvements MOUVES (économie sociale) et Take For Good (start-ups engagées sur l’écologie). Interrogé lors du Sogood Festival à Marseille par Marseille Vert, Pascal Dumerger regrette le peu d’engagement de l’Etat et veut que les entreprises aillent plus loin. « L’urgence écologique et sociale nous appelle à changer de modèle, à adopter un nouveau type d’entreprises. Nous voulons grossir le mouvement pour peser davantage sur les pouvoirs publics auxquels nous demandons la mise en place de nouvelles mesures : par exemple que les aides publiques versées aux entreprises ne soient accordées qu’aux entreprises engagées, que celles qui ne répondent pas aux bonnes pratiques ne soient pas éligibles, pareil pour l’accès aux marchés publics, aux appels d’offre. Il faut également une modification de la fiscalité à moduler en fonction du comportement des entreprises (taux d’impôts sur les sociétés variable)… » confie l’entrepreneur. « C’est le plus efficace sur le plan écologique et social, et c’est également une bonne évolution pour le budget de l’Etat qui peut permettre de diminuer les dépenses tout en modifiant l’économie de manière vertueuse ». Pour rejoindre le mouvement il faut payer une cotisation en fonction de la taille et du chiffre d’affaires de l’entreprise mais il faut surtout adhérer à la ligne de la transition écologique et sociale… et c’est là qu’il faut être vigilent et faire attention au greenwashing ! Pour garantir leur sincérité et leur honnêteté, les entreprises Impact sont soit déjà labellisées (Entreprises à mission, Be Corp…), soit elles doivent remplir « l’Impact Score » et seront suivies dans leur réelle transition. Si on ne parle pas de décroissance chez Impact France, on commence à parler sobriété, c’est un bon début… En tout cas augmenter les taxes des entreprises polluantes et baisser les taxes des entreprises vertueuses, cela paraît tellement simple qu’on se demande pourquoi ce n’est pas déjà appliqué, et depuis longtemps 😉

www.impactfrance.eco

Le combat de Secrets Toxiques

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Quel combat ! Et quelle pugnacité… on dit un grand bravo ! « Secrets Toxiques » est une coalition de plus de 70 associations et syndicats, qui lutte pour exiger un vrai contrôle de la toxicité des pesticides avant leur commercialisation. Depuis décembre 2020, la campagne Secrets Toxiques se bat pour l’application effective de la règlementation européenne sur les pesticides. Celle-ci veut que l’absence d’effets néfastes sur la santé ou l’environnement des pesticides soit démontrée avant leur autorisation. Devant l’ampleur des dégâts démontrés par l’INSERM et l’INRAE-IFREMER, il est clair que ce mécanisme est défaillant ! En 2021 le collectif a enquêté pour comprendre comment des produits à la toxicité sous-évaluée, contenant même des composés non déclarés, pouvaient se retrouver sur le marché en montrant comment les agences de sécurité alimentaire mettent en œuvre des méthodes qui aboutissent à une sous-évaluation de la toxicité réelle des pesticides autorisés. Ce constat, déjà souligné par la Cour de Justice de l’Union Européenne en octobre 2019, a été confirmé en novembre 2022 par la Commission Nationale Déontologie et Alertes en Santé Publique et Environnement. Avec 29 organisations et autant de députés, le collectif a fait la demande au gouvernement en octobre 2022 de modifier ses pratiques afin d’appliquer correctement la règlementation pour protéger la population et la biodiversité. Devant l’absence de réponse, un recours a été déposé avec ces organisations et parlementaires au Conseil d’Etat en février 2023… Bref, les actions juridiques continuent mais le changement ne pourra se réaliser que si l’opinion publique est correctement informée des graves défaillances de l’État. C’est pourquoi le film qui est en tournée dans toute la France est indispensable à voir ! Après les Cévennes, la Loire-Atlantique, l’Aveyron ou le Finistère, Secrets Toxiques organise maintenant avec La Mutuelle Familiale la neuvième étape de son tour de France dans les Bouches-du-Rhône. Après chaque projection, un débat s’ensuit et on peut aussi assister à un colloque « Pesticides, amiante, même combat ! » On y va 🙂

Infos ici : secretstoxiques.fr

Flyer_BoucheDuRhone

Attention Greenwashing !

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Traduction du mot greenwashing : écoblanchiment en français, beaucoup moins utilisé. Aujourd’hui tout est green, tout est vert, tout est naturel, tout est « bon pour la nature »… la bonne blague !! En fait il s’agit juste d’un nouvel argument de marketing. Une étiquette « bon pour la planète » ça fait vendre, c’est tout. Aujourd’hui toute la communication qu’elle soit écrite ou visuelle doit être verte. Peu importe si ce sont des exagérations (on survend l’engagement écologique) ou des mensonges éhontés, tout est bon pour gagner des parts de marché. Total c’est vert, Coca-Cola c’est vert, Mac-Do c’est vert… on va finir par détester cette couleur ! Il y a le greenwashing grossier que tout le monde voit, qui est tellement gros que ça fait rire, mais il y a celui qui est plus tordu, peut-être encore plus malhonnête car on peut se laisser piéger même quand on est averti, et celui-là n’est pas drôle. Le greenwashing des grosses entreprises est devenu la bête noire des associations militantes comme Greenpeace, Extinction Rebellion ou les Soulèvements de la Terre, c’est pourquoi ils mènent actuellement des actions de sensibilisation (peinture verte sur béton, avion, produits et usines) pour nous alerter. Pour les produits il faut se méfier des emballages car « l’habit ne fait pas le moine » mais on peut se fier aux labels enfin… là aussi tous les labels ne se valent pas et il faut faire bien attention, surtout que le label soit « indépendant » (par exemple le label Haute Valeur Environnementale créé par l’Etat est un gros « foutage de gueule » !) car même le débat public est pollué… Dernièrement est paru un ouvrage important intitulé « Greenwashing, manuel pour dépolluer le débat public » d’Aurélien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières, aux éditions du Seuil : un bon outil d’autodéfense pour le consommateur contre le greenwashing des entreprises, une aide précieuse. Bref, il faut se méfier, vérifier, lire, se documenter, c’est la dure vie d’un écolo 😉

LPO ouvre deux écoles d’ornithologie

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C’est nouveau ! En octobre la LOP (Ligue de Protection des Oiseaux) va ouvrir deux écoles d’ornithologie. C’est un parcours de formation qui permet d’acquérir les connaissances pratiques, scientifiques, techniques et méthodologiques nécessaires à l’observation et à l’étude des oiseaux de France métropolitaine. En plus des compétences requises pour l’identification des différentes espèces sur le terrain, l’objectif est d’obtenir une connaissance élargie de l’avifaune (biologie, écologie, comportement…) indispensable pour comprendre les oiseaux et leurs écosystèmes. Tous les formateurs LPO sont des experts en ornithologie bien sûr, les séances de formation ont lieu en présentiel en alternant travail en salle et sorties sur le terrain et l’école est ouverte à tous avec 3 niveaux d’apprentissage : débutant, amateur (niveau 1) et confirmé (niveau 2), chaque niveau comprenant environ 35 heures de cours. A la question pourquoi se former à l’ornithologie ? Il y a plusieurs réponses… la première c’est : pour le plaisir ! Mais aussi pour mieux comprendre et décrypter le monde qui nous entoure, également devenir un « ambassadeur » auprès de nos proches et enfin contribuer activement à l’étude de la biodiversité. On peut surtout envisager d’en faire un métier ! Dans tous les cas c’est un bonheur de savoir reconnaître les merles, des rouges-gorges ou des mésanges dans la nature !! Les deux écoles se trouvent l’une dans le Pas-de-Calais et l’autre en Champagne-Ardenne. On attend impatiemment une école dans le Sud avec les oiseaux de la Méditerranée 😉

Recycler le bois

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Le bois est précieux ! Bruno Millet est à l’initiative d’un site national de petites annonces gratuites montasdebois.fr. L’idée est simple et surtout très bonne : donner le bois dont on n’a pas l’usage plutôt que de le jeter à la benne ! D’un côté cela permet d’éviter un important gaspillage de cette ressource précieuse et d’un autre côté cela permet de trouver du bois gratuitement. Depuis le début de l’année 2023 le site a permis de sauver plus de 15 000 tonnes de bois ! Pour les artisans, commerçants et entreprises qui veulent se débarrasser de leurs palettes perdues et de bois se mettent directement en relation avec des particuliers qui recherchent des palettes pour décorer ou du bois, pour jardiner, bricoler ou pour le poêle cet hiver. C’est la solution idéale : circulaire, durable et locale pour valoriser le bois. Toutes les annonces et les lots de bois qui sont proposés, tout est gratuit. On trouve du bois sous toutes ses formes : des palettes, du bois d’emballage, de caisses, des bûches, des branches, des planches, des chutes, des éléments de charpente, du bois de chantier, du le BRF (bois raméal fragmenté), de la sciure et des copeaux… tout sauf le bois souillé, traité, peint. C’est facile de mettre une annonce et c’est tout aussi facile de répondre quand on est intéressé. Et tous les départements français sont concernés y compris les départements outre-mer. Pour les amoureux du bois dont nous sommes 💚

Mariko Kusumoto, les fonds marins en tissu

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Quelle délicatesse, une douceur extrême !… Mariko Kusumoto est née en 1967 à Kumamoto, sur l’île de Kyushu au Japon. Diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Musashino à Tokyo puis de l’Académie d’Art de San Francisco aux Etats-Unis où elle habite actuellement, elle travaille d’abord le métal pendant une vingtaine d’années. Ce n’est qu’en 2013 qu’elle se tourne vers le textile et entre dans un nouvel univers, beaucoup plus doux. Elle utilise du polyester, du nylon, du coton et de la soie qu’elle choisit pour leur texture délicate et transparente et se sert de différentes techniques, dont la principale est le façonnage à chaud : elle drape le tissu autour de moules en métal qu’elle a elle-même fabriqués puis chauffe le tout à une certaine température pour que le tissu fonde et prenne la forme du moule. Une fois que tout cela refroidit, le tissu prend la forme désirée. Et pour les formes justement, Mariko puise son inspiration directement dans la nature et surtout dans la mer. Amoureuse des coraux et des créatures marines, de leur structure et de leur beauté, elle recrée des récifs coralliens, des anémones de mer, des méduses, des oursins et toutes sortes de créatures des fonds sous-marins… C’est magnifique et cela nous envoie un message direct, clair net et précis, sur la fragilité de la vie sous-marine : nous devons autant l’apprécier que la protéger 🙂

L'application Qualité Rivière

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Bien sûr pour les vacances on essaie de « débrancher » son téléphone et de se déconnecter des écrans, vive la liberté ! Mais exceptionnellement, quand c’est utile… !!! Connaissez-vous l’application Qualité Rivière ? Pour se baigner sans risques partout où vous êtes en France ! Car les rivières sont hélas affreusement polluées et parfois cela ne se voit pas à l’œil nu alors mieux vaut être correctement informés. Souvent en promenade, il fait chaud, on voit une rivière et bien sûr le réflexe naturellement c’est de se jeter dedans, même pour faire trempette, mais ça c’était avant… cette application vous permet de connaître l’état écologique et sanitaires des rivières. Sur l’appli chaque cours d’eau est classé entre « Très bon état » et « Mauvais état ». L’Agence de l’Eau précise que « La qualité de l’eau des rivières est mesurée à l’aide de 11 indicateurs témoins tels que les diatomées, ces micro-algues très sensibles aux pollutions, les nutriments (azote et phosphore) qui sont à l’origine du développement d’algues ou encore la température de l’eau car plus elle est élevée et moins l’eau contient d’oxygène indispensable à la vie aquatique ». Cette appli peut indiquer ces informations en temps réel grâce aux dispositifs de surveillance des milieux aquatiques mis en place sur tout le territoire. Une application accessible à tous et qui propose aussi des informations et « quiz » afin de tester vos connaissances et faire de la prévention pour la préservation des rivières. Tout pour se baigner sans risques… comme avant 😉