Saint-Pierre et Miquelon, un nom qui a toujours fait rêver marins, voyageurs et curieux… mais depuis des années, l’archipel français, situé aux portes des côtes canadiennes, faisait face à un problème de taille : la gestion de ses déchets. En effet on pouvait voir à l’œil nu depuis un avion nombre de décharges à ciel ouvert au milieu de cette nature aussi belle que sauvage… et les déchets de finir… à la mer… une désolation ! Un incinérateur ? C’est trop coûteux, ne peut être amorti pas une ville comme Saint-Pierre de 5 600 habitants… En 2014, les habitants n’en peuvent plus et c’est la prise de conscience : la principale ville de l’archipel s’engage dans le programme « Territoire Zero Waste ». Les tonnes d’ordures sur le littoral de Saint-Pierre, la commune n’en veut plus : elle met alors en place un service de ramassage. En tout, plus de 10 000 tonnes de matériaux vont être extraits, puis envoyés en Écosse ou en Espagne, pour y être transformés. Mais vider les décharges, cela ne suffit pas. Pour ne pas retomber dans les mêmes travers, un vaste travail de fond a débuté pour changer les pratiques des habitants. Dès 2014, la ville de Saint-Pierre installe douze bornes spécialement dédiées à la collecte du verre et des mesures viennent inciter la réutilisation de ce verre, broyé sur place, comme celle visant à contraindre les entreprises de travaux publics à réutiliser le verre recyclé comme matériau de construction pour pouvoir répondre aux appels d’offre de la collectivité. Forte de ce premier essai réussi, la ville de Saint-Pierre se sent donc prête pour répondre à l’appel à projet du Ministère français de l’environnement : « Territoire zéro déchet, zéro gaspillage » et en décembre 2014, elle fait partie des 58 lauréats désignés pour relever le challenge. Concrètement, la ville s’engage à réduire toutes les sources de gaspillage, à encourager l’économie circulaire en donnant une seconde vie aux produits, et recycler tout ce qui est recyclable. Depuis 2015, on trie aussi le carton, les métaux et le plastique grâce à des bornes placées partout sur l’île. Médias et écoles jouent tous le jeu du « Zéro Waste » pour encourager les habitants. Désormais, la ville travaille à la réduction des autres déchets, avec deux projets majeurs : l’installation d’un espace de compostage, et la création d’une ressourcerie gérée par les associations de l’île, pour rénover les meubles au lieu de les jeter. Peu à peu, les habitants ont modifié leurs habitudes, et la petite taille de l’archipel facilite grandement la mobilisation de la population : Saint-Pierre-et-Miquelon pourrait bien devenir le territoire français le plus « vert » ! Comme quoi, c’est toujours juste une question de volonté…

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