Marinaleda est une petite ville de 3 000 habitants, au cœur de l’Andalousie, dans le sud de l’Espagne, à contre-courant du modèle prédominant. Là-bas il n’y a pas de policiers, pas de voleurs, ni de sans abris, pas de chômage, les loyers sont à 15 euros par mois pour 100 m2, le maire et ses adjoints ne sont pas rémunérés, et ce sont les habitants qui commandent ! Marinaleda est née dans les années 1970 à l’heure où l’Espagne connaît une double crise : politique, avec la mort du dictateur Franco, et économique, le village andalou étant durement frappé avec 60% de chômage et la famine s’installe dans cette communauté agricole sans terre. À l’époque, les champs alentours appartiennent à des familles aristocratiques richissimes, qui préfèrent investir dans des plantations que l’on peut automatiser (comme le blé qui nécessite des machines pour la récolte), plutôt que des cultures qui nécessitent la main de l’homme. Mais en 1979, Juan Manuel Sanchez Gordillo est élu maire et tout va changer… Les habitants ont obtenu du gouvernement régional par des actions incessantes (occupation de terres militaires, saisie d’un château, marches pacifiques contestataires) 1 200 hectares qu’ils exploitent aujourd’hui en coopérative, laquelle intègre ses propres unités de transformation et commercialise sa production.

Aujourd’hui les champs de blé sont devenus des champs d’artichauts et de tomates, et tous les habitants du village ont un travail et un toit, accès à la santé, à l’éducation et à la culture gratuitement ou presque. Toutes les maisons sont construites par les villageois ensemble. On a mis en place une démocratie directe où les habitants votent toutes les décisions qui nécessitent 80 % des voix pour application. « Et qu’on ne vienne pas me dire que notre expérience n’est pas transposable : n’importe quelle ville peut faire la même chose si elle le souhaite » s’exclame Monsieur le Maire !

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