En Inde, pour les jaïns, une religion hindoue très importante dans le pays, l’âme d’un oiseau vaut celle d’un roi : on ne laisse en aucun cas mourir un moineau dans la caniveau ! Il faut dire que pour ces millions de personnes dont le végétarisme est radical, « toutes les âmes se doivent une mutuelle assistance » et les oiseaux, nobles par essence, sont encore plus vénérés… La population a fondé un hôpital où trois cents cages accueillent toutes sortes de volatiles : perruches, poules ou pigeons blessés : le Jain Charity Birds Hospital qui se trouve face au Fort Rouge, à l’entrée du légendaire bazar de Chandni Chowk. Chaque jour, une quarantaine de volatiles accidentés y sont acheminés par de bons samaritains. Les ventilateurs ne sont pas les seuls responsables de l’hécatombe. Des dizaines d’oiseaux percutent aussi les pare-brises ou bien se prennent les ailes dans les fils électriques tendus entre arbres et poteaux. Partout sur la planète, ces petits piafs mal en point mourraient sans la moindre attention… à Delhi, ils ont une chance d’en réchapper. Le Jain Charity Birds Hospital est une institution unique au monde. Il a été créé par des jaïns en 1956 pour une capacité d’accueil de 3 000 oiseaux ! Les volatiles y séjournent pour une durée allant de deux semaines à plusieurs mois. L’hôpital – entièrement financé par des dons – occupe trois étages d’un modeste bâtiment rangé dans l’ombre d’un des plus beaux temples jaïns de Delhi, le Shri Digambar Jain Lal Mandir, qui dresse fièrement ses trois tourterelles rouge coiffées de pointes dorées vers le ciel. Un registre disponible à l’accueil fait état d’un peu plus de 66 200 volatiles soignés ces vingt dernières années. Près de 50 000 de ces patients à plumes étaient des pigeons, première population représentée, loin devant les perroquets (environ 4 000), les faucons (2 500) et les animaux de basse-cour (2 200). Des oiseaux choyés presque plus que les êtres humains dans certains hôpitaux de la ville…

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