Le « Système de Riziculture Intensive » (SRI), inventé à Madagascar en 1984 par un prêtre Jésuite français, Henri de Laulanié, est en train de se propager au reste du monde ! Le principe de base consiste à transplanter les plants de riz plus jeunes (moins de 15 jours contre 30 dans les techniques normales), à leur laisser plus d’espace et limiter au maximum les apports en eau.

En alternant irrigations et périodes plus sèches, le SRI favorise l’apparition d’organismes aérobies (ne se développant qu’en présence d’air), qui favorisent à leur tour la croissance des plants. La présence nécessaire de ces micro-organismes empêche toute utilisation de pesticides artificiels et le riz est entièrement biologique. À Madagascar, cette technique a permis de multiplier la production par quatre, atteignant des rendements moyens sur les exploitations concernées de 8 tonnes de riz par hectare. Le SRI est plus économe pour les fermiers, qui utilisent 10 fois moins de plants et 100 fois moins d’eau que les fermiers traditionnels. Une évolution spectaculaire dans un pays où le riz reste l’aliment de base pour une grande partie de la population qui en aura plus et consommera du bio !

Après de nombreuses années cantonné uniquement à Madagascar, le SRI a été repris par les agronomes de l’Université américaine de Cornell, qui l’ont propagé vers l’Asie, et notamment l’Inde. Là aussi, la technique a remporté un franc succès, invalidant les théories attribuant le succès de la méthode à des conditions particulières des sols malgaches. Néanmoins le SRI est une ensemble de techniques complexes qui demandent un long travail d’éducation pour être pratiqué efficacement mais l’Université de Cornell estime que la pratique du SRI se propage à un bon rythme, grâce à des structures d’apprentissage mises en place au niveau local à Madagascar et en Inde…

 

ça vous a plu ? Partagez !