l’actualité verte à Marseille

Pluton est vivante !

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« Il y a une météo, il y a de la brume dans l’atmosphère, il y a une activité géologique… Chaque semaine, je suis terrassé… cette planète est vivante ! » a déclaré Alan Stern, le directeur de la mission New Horizons de la Nasa qui a fourni les images les plus détaillées jamais prises de Pluton ! Bien que l’Agence spatiale américaine reste prudente concernant la planète naine aux confins du système solaire… Cette exclamation ne veut pas dire qu’il y a de la vie sur Pluton, le terme de « vivant » doit plutôt s’appliquer à la géologie de la planète qu’à la découverte d’une forme de vie car malgré ses très bons yeux, la sonde New Horizons qui orbite à environ 10 000 km de Pluton n’est pas en mesure de distinguer des organismes microscopiques, ni même de la taille d’un éléphant. Toutefois, la nouvelle devrait quand même s’avérer assez sensationnelle puisque ces éléments nouveaux « changent radicalement notre compréhension de la planète naine » assure Alan Stern. De plus, certains scientifiques estiment qu’il est possible qu’un océan se dissimule sous la surface… Si tel était le cas, alors l’hypothèse que Pluton abrite une forme de vie serait grandement renforcée. Et pour l’instant, seulement 10 % des données recueillies par New Horizons sont arrivés jusqu’à nous. Autant dire que la petite planète réserve sans doute d’autres grandes surprises ! Et que l’on est en droit de rêver…

Un oasis de paix pour des femmes en Inde

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Dans un pays où les femmes n’ont jamais été autant danger avec un taux de fœticide féminin très élevé, le petit village de Piplantri dans l’État du Rajasthan fait office d’exception. Là-bas, quand une petite fille naît, 111 arbres sont plantés aux alentours du village. C’est en 2006 que Shyam Sundar Paliwal, alors chef du village, lance cette initiative. Très marqué par le décès de sa fille quelques années plus tôt, l’homme cherche un moyen d’honorer sa mémoire. Il décide alors de mettre en place cette plantation d’arbres à chaque naissance et va même plus loin : dès qu’une petite fille voit le jour, les habitants du village et ses parents se cotisent pour lui ouvrir un compte en banque auquel elle aura accès à ses 20 ans. L’ensemble des villageois donne 21 000 roupies (soit 314 euros) et les parents 10 000 roupies (soit 150 euros) et signent également une déclaration sous serment, ils s’engagent à fournir une éducation à leur fille et à ne pas la marier avant l’âge légal. En l’espace de six ans, les 8 000 habitants de Piplantri ont planté un quart de million d’arbres. Cette nouvelle tradition a même permis de relancer l’économie : les villageois cajolent leur forêt et ont semé des plantes à l’aloe vera un peu partout pour protéger les arbres des termites. Résultat ? Grâce aux récoltes, ils ont pu créer leur propre ligne de produits médicinaux. Aujourd’hui, beaucoup de personnes vivent de ce commerce. Qui plus est, Piplantri est considéré comme un « village vert » et a reçu le Prix India’s Nirmal Gram pour sa contribution à la protection de l’environnement. Grâce à ce mode de vie sain, les problèmes de communauté ont totalement disparu. Les habitants de Piplantri affirment ainsi qu’aucune affaire judiciaire n’a été déplorée depuis au moins sept ans. Un exemple à suivre pour tout le pays !

Terre de Mars : le retour de l’agriculture à Marseille

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Le collectif Terre de Mars, association de jeunes paysagistes, est né fin 2014. Il est constitué d’une équipe de 6 jeunes fraîchement diplômés de l’École Nationale Supérieure de Paysage Versailles Marseille qui ont bien voulu se mettre « les mains dans la terre »… C’est au sortir de leur formation que la famille Tempier, dont l’un des membres fait partie du collectif, a prêté au groupe la terre attenante au Mas de Goguettes, dans le Quartier de Sainte-Marthe dans le 14ème arrondissement. Les étudiants se transforment alors en agriculteurs et sur plus de 1000 m2 de terrain, commencent à faire pousser tomates, aubergines, blettes, courges, haricots, carottes, courgettes, salades… Après une année 2015 d’exploitation prometteuse, les jeunes bénévoles ont envie de passer à la professionnalisation. Car le projet Terre de Mars c’est aussi l’occasion d’expérimenter un nouveau modèle d’urbanisme en prônant la valorisation des terres agricoles, la sauvegarde d’un patrimoine, la volonté de faire perdurer un savoir-faire et l’envie de protéger des paysages singuliers. Son ambition est également de promouvoir et développer une agriculture saine, durable et locale et de responsabiliser les habitants quant à l’importance du terroir dans la constitution du cadre de vie marseillais. Il s’agit en fait plus généralement de trouver un modèle socio-économique qui soit reproductible sur différents sites urbains à Marseille comme ailleurs. Pour l’instant le collectif ne s’arrête pas à la production mais diffuse déjà ses récoltes sous forme de paniers de légumes en plein centre ville au What’s up ?, petit resto de la Plaine. Et tout le monde dit que la production maraîchère est de grande qualité et très savoureuse…

L’if de Fortingall

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Le village de Fortingall était déjà célèbre pour son if, un des plus vieux arbres d’Europe, estimé à environ 5000 ans par les botanistes. L’arbre qui côtoie une petite église écossaise et son minuscule cimetière était souvent visité par les touristes connaisseurs… mais alors là, il défraye la chronique : il est en train de changer de sexe ! Identifié comme mâle depuis toujours, ce vieil if noueux et creux s’est mis à produire des baies, ce qui est exclusivement réservé au sexe féminin de l’arbre. L’intrigant phénomène a d’abord été constaté par Max Coleman, un botaniste de l’illustre Jardin Botanique Royal d’Édimbourg. Depuis tous se penchent sur ce curieux phénomène ! L’espèce (taxus baccata) est dioïque, c’est-à-dire à sexes séparés : certains individus naissent mâles, d’autres femelles. Tous deux produisent des fleurs, mais tandis que celles des mâles se chargent de la production du pollen, les fleurs femelles présentent des pistils qui, une fois fécondés, se développent en fruits. Chez l’if, les fruits sont appelés « arilles », des sortes de baies rouges sucrées entourant une graine à la dangereuse toxicité. Une seule hypothèse est envisagée pour expliquer cette bizarrerie transsexuelle : un changement dans l’équilibre de ses phytohormones, les hormones végétales, des substances dont dépend l’expression des caractères sexuels de la plante. Ce déséquilibre peut se manifester suite à un stress dans l’environnement de la plante comme l’aridité, des parasites, un changement de la composition du sol… ou tout simplement le réchauffement climatique ?

Provence Verte : un lycée agricole alternatif !

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Il y aurait aujourd’hui un nouvel attrait chez les jeunes pour l’agriculture alors qu’ils ne sont pas des enfants d’agriculteurs. Pour preuve le lycée Provence Verte à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume dans le Var accueille environ 500 élèves et apprentis de la 4ème à la Terminale avec 9 hectares de terrain en plus des établissements scolaires traditionnels. Il propose des Bac Technologique ou Professionnel avec options élevage, fruits et légumes, viticulture… et ça marche ! Le lycée ayant mis en place avec d’autres partenaires institutionnels un accès au foncier pour les jeunes, les anciens élèves sont tous aujourd’hui installés comme éleveurs, viticulteurs, maraîchers… En conversion bio, la ferme du lycée Provence Verte est en plein essor avec un élevage de chèvres et de brebis laitières, quelques chevaux, des volailles, des serres maraîchères et horticoles, des vignes, des surfaces fourragères pour alimenter le troupeau et même une fromagerie ! Les travaux à la ferme sont très prisés des élèves, qui dès la classe de 4ème sont souvent confortés dans leur projet professionnel et remotivés, pour des élèves qui étaient parfois en échec scolaire dans la filière générale classique, plusieurs reprennent ainsi goût à l’école. En plus, la démarche du lycée est de sensibiliser les élèves à une alimentation saine, de qualité et de saison. L’approvisionnement de la cantine se fait au maximum avec des produits frais et locaux et en partie avec des produits de la ferme du lycée. Les élèves qui travaillent dans les serres ont le plaisir de retrouver dans leur assiette la salade ou les radis cueillis le jour même ou les yaourts fabriqués la veille ! Tout cela donne du sens et de l’importance à ce qu’ils font…

Une basket avec des déchets plastiques marins

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Adidas aide à nettoyer les océans grâce à l’élaboration de chaussures en plastique recyclé ! La marque a sorti cette année 2015 le prototype d’une basket entièrement tressée à l’aide de déchets qui proviennent des océans, celle-ci a été présentée lors d’une journée aux Nations Unies consacrée à la pollution sous-marine et organisée par l’ONG Parley for the Oceans. L’échantillon a été fabriqué à base de filets remontés à la surface par l’association Sea Shepherd sur la côte ouest de l’Afrique : « c’était un filet de pêche qui tenait debout comme un mur au fond de la mer, tuant chaque poisson qui passait par là » a expliqué Cyrill Gutsch, le fondateur de Parley for the Oceans. On sait que dans les eaux du monde entier se côtoient faune, flore et déchets plastiques… et le nombre de morceaux de plastique a été estimé à 5 trillions (5 000 milliards) à la fin de l’année 2014… Autant dire qu’Adidas n’aura aucun mal à s’approvisionner vu la quantité de filets de pêche abandonnés dans les mers ! Ce genre d’initiative semble être une des solutions idéales pour lutter contre la pollution tout en restant créatifs et productifs. On attend le lancement officiel de la ligne de ces baskets cette année 2016 en espérant que ça devienne « la grande mode » et que tous les amoureux de « sneakers » se l’arrachent !

La plus grande centrale solaire d’Europe est française

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Le plus grand parc photovoltaïque d’Europe vient d’être inauguré à Cestas en Gironde, près de Bordeaux. Il s’agit d’une structure peu coûteuse, efficace et rapidement mise en place pour produire de l’électricité d’origine renouvelable : une ferme solaire de 230 hectares qui compte plus d’un million de panneaux solaires, installés sur une friche forestière héritée de la tempête « Martin » de 1999 (mais tous les arbres abattus pour la réalisation de cette centrale ont été replantés dans le département à titre de compensation écologique). Ce parc photovoltaïque géant, qui a nécessité 360 millions d’euros d’investissement, a été construit en seulement 10 mois, grâce à des techniques d’installation innovantes comme la pose de panneaux par cinq dans des glissières. Et il faut savoir qu’il produira en moyenne 350 gigawattheures par an, ce qui représente la consommation moyenne d’une ville de la taille de Bordeaux, soit environ 130 000 foyers. Une grande réussite technologique et économique sur un espace relativement restreint, qui nous montre que c’est possible et qu’il faut maintenant en France et ailleurs que l’on soutienne massivement l’installation de systèmes de panneaux solaires sur les toits des bâtiments où la place inutilisée ne manque pas…

Mémoires d’éléphants

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Un jour, il y a environ 35 ans, Jean-Paul Sidolle a un choc dans un musée à Tours quand il entre dans une salle et voit un éléphant grandeur nature, un vrai, mort, qui avait été naturalisé (« Fritz l’éléphant », un éléphant de cirque mort à 80 ans, empaillé et offert à la municipalité où il donna sa dernière représentation) ! Coïncidence, quelques heures plus tard, il apprend que les éléphants chassés pour leur ivoire et leurs pattes que l’on transforme en tabourets, sont en voie d’extermination. La vision de cet animal l’obséda à tel point qu’il s’est mis à acheter tous les objets-éléphants qu’il trouvait dans les magasins : objets usuels, fonctionnels ou décoratifs, il achète des éléphants comme pour les sauver et constitue petit à petit un troupeau de 1025 éléphants sans vie.

En 1989, travaillant en tant que surveillant au Musée des beaux-arts de Nantes, il écrit une lettre à tous les plus grands artistes du monde, peintres, sculpteurs et plasticiens pour leur demander de donner vie à un éléphant dans une création artistique : le projet « Mémoires d’éléphants » était né.

À ce jour, 917 artistes issus de 58 pays ont répondu favorablement, preuve de la préoccupation des artistes pour la protection de la planète dont l’éléphant est l’image emblématique. La démarche totalement désintéressée de Jean-Paul Sidolle qui a su mobiliser le monde de l’art contemporain – car les œuvres appartiennent aux artistes – n’a qu’un but : éveiller les consciences et sauver les éléphants ! Expositions avec livres et catalogues ont déjà eu lieu (Nantes 2012, Marseille 2015 en marge de la COP 21) et d’autres sont prévues cette année 2016 (Nice et Paris) pour qu’on n’oublie pas les éléphants…

www.jpsidolle.free.fr

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Béa Johnson, « Miss zéro déchet »

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Béa Johnson, petite française originaire du Vaucluse, est partie aux États-Unis il y a plus de 20 ans et n’est jamais revenue ! Là-bas elle a rencontré son mari avec lequel elle a eu deux enfants et enclenché le rêve américain : grosse maison (280 m2), 4×4, shopping à tout va… Mais au bout de 7 ans, elle commence à ressentir un grand vide et la famille entière se remet en question. Ils décident de déménager à San Francisco en Californie, pays avant-gardiste en matière de protection de l’environnement. Elle se met alors doucement à changer de monde de vie : elle achète de la nourriture bio, supprime les sacs plastiques, utilise des gourdes à la place des bouteilles… Finalement elle se prend au jeu et devient jusque-boutiste ! Elle n’achète plus aucune nourriture avec emballage, fait sa propre cosmétique, tous les vêtements viennent de la fripe, l’ameublement de la recup’… La seule chose qu’elle a acheté de neuf dans toute la maison : c’est un tube de crème solaire !

En 2009 elle lance son blog sur le changement de vie. Une voisine qui travaille pour le New York Times va la faire connaître et depuis elle parcourt le pays de conférences en dédicaces ! Aujourd’hui elle est considérée aux USA comme une icône de l’écologie : la « frenchy » écolo, qui n’a rien d’une baba cool « hippie et Granola » selon l’expression américaine, est la preuve vivante qu’on peut vivre en famille, normalement, en produisant « zéro déchet ». C’est d’ailleurs le titre de son ouvrage, best-seller traduit en plusieurs langues (aux éditions Les Arènes en français). Dans cet ouvrage elle donne des centaines d’astuces, trouvailles et conseils pratiques pour éviter de produire des déchets tout en s’amusant ! Et elle a réalisé 40 % d’économie dans son budget en réduisant ses déchets à moins de 1 litre par an ! Elle affirme qu’en plus ils sont tous les quatre en bien meilleure santé et beaucoup heureux qu’avant ! On la croit.

Raoni, figure emblématique de l’Amazonie

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Vous l’avez sûrement déjà vu sur un plateau de télévision avec son disque de bois (un botoque) dans la lèvre inférieure ! Raoni Metuktire, l’un des grands chefs du peuple Kayapo est depuis des années une figure internationale emblématique de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne et de la culture indigène. Il est né dans un petit village de l’État du Mato Grosso vers 1930, au cœur de la partie brésilienne de la forêt amazonienne. C’est en 1954 que Raoni et les membres sa tribu rencontrent pour la première fois des Occidentaux. En 1964, il croise le chemin de l’ancien roi Léopold III de Belgique, alors que celui-ci est en expédition dans les réserves indigènes protégées du Mato Grosso. L’inquiétude de sa tribu face à la déforestation est déjà grande lorsqu’il devient, en 1978, le sujet d’un film documentaire de Jean-Pierre Dutilleux intitulé Raoni et narré par Jacques Perrin. L’acteur Marlon Brando, alors au sommet de sa gloire, a accepté d’être filmé pour la séquence d’ouverture et le film Raoni est nommé aux Oscars. L’intérêt soudain des médias brésiliens en fait un porte-drapeau naturel de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne, gravement mise en danger par la déforestation anarchique, l’avancée des cultures de soja et les barrages hydroélectriques. Raoni va depuis consacrer toute sa vie à parler au monde entier de sa forêt amazonienne. Aujourd’hui à 85 ans (environ) il était présent bien sûr à la COP 21 avec son groupe : l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Depuis longtemps il réclame la reconnaissance pénale internationale des écocides : les crimes organisés contre la planète.

www.raoni.com