l’actualité verte à Marseille

Une petite poubelle de mer : magique !

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Deux surfers australiens qui vivent à Palma de Majorque, sur l’île espagnole éponyme, Andrew Turton et Pete Ceglinski ont imaginé une invention tout à fait géniale qui nettoie la mer toute seule : une petite poubelle de mer qui aspire les déchets 24 heures sur 24 ! La seabin (ce qui se traduit par « poubelle d’océan ») ressemble à un petit seau qui flotte à la surface. La « poubelle » est raccordée à une pompe à eau installée sur la terre ferme. Cette dernière crée une légère aspiration et attire les détritus à l’intérieur de la seabin. Les déchets sont ensuite capturés par un fin sac en fibres naturelles placé au fond du seau. Quand le sac est plein, il suffit de le changer, comme on le ferait pour un sac d’aspirateur ou pour n’importe quelle poubelle ménagère ! Cette poubelle quasi autonome aspire donc les ordures qui flotte, mais ce n’est pas tout : en installant un filtre sur la pompe à eau, la seabin peut aussi servir à filtrer les huiles, les carburants et les détergents présents dans l’eau. Elle est faite pour les eaux stagnantes et ne peut pas être efficace en pleine mer, mais elle est parfaite pour nettoyer les ports, les rivières, les étangs, les fleuves, les piscines… On peut même accrocher sa seabin à l’arrière de son bateau ! Après avoir fabriqué un prototype, les deux amis ont lancé leur campagne de crowdfunding et ont obtenu plus qu’ils ne demandaient : on attend donc maintenant impatiemment la commercialisation. C’est tout simple et tout simplement génial !

La forêt de Jadav Payeng

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À lui tout seul, Jadav Payeng a planté une forêt entière pour sauver son île ! L’île de Majuli se trouve dans le nord de l’Inde. Il s’agit d’un banc de sable géant qui abrite plus de 150 000 habitants et qui est l’une des plus grandes îles fluviales sur terre. Sur cette île, on trouve la forêt de Molaï, une forêt atypique, unique au monde et pour cause : elle a été plantée par un seul homme : « Forest man » comme on le surnomme là-bas ! Et le plus fou, c’est qu’il a fait tout cela avec ses mains comme seul outil, sans aide extérieure et en plantant un arbre à la fois…

Cette forêt est l’aventure d’une vie, le résultat de 30 années de travail intensif. Tout a commencé en 1979. Des crues avaient rejeté un grand nombre de serpents sur le banc de sable. Après le retrait des eaux, Jadav, qui n’avait que 16 ans, trouva le site couvert de reptiles morts. Ce fut le tournant de sa vie. « Les serpents étaient morts de chaleur, il n’y avait plus d’arbres pour les protéger. Je me suis assis et j’ai pleuré sur leurs corps sans vie. C’était un carnage. J’ai alerté le ministère des Forêts et leur ai demandé s’ils pouvaient planter des arbres. Ils m’ont répondu que rien ne pousserait ici et m’ont dit d’essayer de planter des bambous. C’était dur mais je l’ai fait. Il n’y avait personne pour m’aider », raconte Jadav, qui a désormais 47 ans.

Le jeune homme quitta ses études et son foyer, et se mit à vivre sur le banc de sable. Il arrosait les plants matin et soir et les taillait. Au bout de quelques années, le banc de sable est devenu un bois de bambou. « J’ai alors décidé de faire pousser de vrais arbres. J’en ai ramassé et je les ai plantés. J’ai aussi rapporté des fourmis rouges de mon village : les fourmis rouges changent les propriétés du sol. J’ai été piqué plusieurs fois », ajoute-t-il en riant. Bientôt, toute une série de fleurs et d’animaux s’épanouirent sur le banc de sable, y compris des animaux menacés, comme le rhinocéros à une corne et le tigre royal du Bengale et des arbres ont poussé un peu partout. « Au bout de douze ans, on a vu des vautours. Les oiseaux migrateurs ont commencé à arriver en masse. Les daims et le bétail ont attiré les prédateurs », déclare Jadav, qui s’exprime aujourd’hui comme un écologiste chevronné. « La nature a créé une chaîne alimentaire : pourquoi est-ce qu’on ne s’y tient pas, nous les êtres supérieurs » ?

Deborah Pardo et les albatros

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Deborah Pardo est née et a grandi à Marseille. Depuis toute petite, elle adore les animaux mais dès le lycée bien qu’elle ait les capacités de faire de grandes études, elle décide qu’elle ne sera pas vétérinaire… « Parce que quand on est vétérinaire en ville on travaille beaucoup plus avec les êtres humains qu’avec les animaux » confie-t-elle. Et elle, ce qu’elle veut, c’est travailler vraiment avec les animaux ! Alors Déborah fait des études scientifiques à la Fac de Saint-Jérôme (un DEUG de Biologie des populations et des écosystèmes) et commence à travailler dans les parcs naturels de Port-Cros où elle va observer ses premiers oiseaux marins : les puffins.

En 3ème année, elle part en Suède avec Erasmus et là elle prend conscience qu’à l’international les laboratoires de recherche sont plus compétitifs et les possibilités plus nombreuses qu’en France et que sans doute il faudra partir travailler ailleurs… Le coup de foudre elle va l’avoir lors d’un voyage à Kerguelen en décembre 2009 : « quand j’ai vu un albatros pour la première fois de ma vie, j’ai trouvé ça tellement beau que je n’arrivais plus à respirer » raconte-t-elle.

Aujourd’hui Deborah qui a trente ans et vient d’être maman est spécialisée dans les albatros : elle a été embauchée par le célèbre Institut Polaire de Cambridge où elle suit au quotidien les moindres mouvements des albatros qui sont tracés avec des bagues de métal numérotées ou des puces, c’est comme ça qu’elle peut suivre leurs migrations et surveiller de près la démographie de l’espèce qui est menacée comme beaucoup d’autres animaux par la pêche industrielle et le réchauffement climatique.

Alors Deborah ne se limite plus à travailler au quotidien avec les albatros… elle vient d’être sélectionnée pour partir avec 77 autres femmes – toutes de formation scientifique ou proche, venues de 8 pays différents, et Deborah est la seule française – pour une expédition de 3 semaines en Antarctique dont le but est d’élever l’image et la place des femmes scientifiques pour leur donner un rôle plus important dans la lutte contre le réchauffement climatique ! Et tout le monde peut participer à cette fantastique odyssée féminine pour sauver la planète !

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Pluton est vivante !

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« Il y a une météo, il y a de la brume dans l’atmosphère, il y a une activité géologique… Chaque semaine, je suis terrassé… cette planète est vivante ! » a déclaré Alan Stern, le directeur de la mission New Horizons de la Nasa qui a fourni les images les plus détaillées jamais prises de Pluton ! Bien que l’Agence spatiale américaine reste prudente concernant la planète naine aux confins du système solaire… Cette exclamation ne veut pas dire qu’il y a de la vie sur Pluton, le terme de « vivant » doit plutôt s’appliquer à la géologie de la planète qu’à la découverte d’une forme de vie car malgré ses très bons yeux, la sonde New Horizons qui orbite à environ 10 000 km de Pluton n’est pas en mesure de distinguer des organismes microscopiques, ni même de la taille d’un éléphant. Toutefois, la nouvelle devrait quand même s’avérer assez sensationnelle puisque ces éléments nouveaux « changent radicalement notre compréhension de la planète naine » assure Alan Stern. De plus, certains scientifiques estiment qu’il est possible qu’un océan se dissimule sous la surface… Si tel était le cas, alors l’hypothèse que Pluton abrite une forme de vie serait grandement renforcée. Et pour l’instant, seulement 10 % des données recueillies par New Horizons sont arrivés jusqu’à nous. Autant dire que la petite planète réserve sans doute d’autres grandes surprises ! Et que l’on est en droit de rêver…

Un oasis de paix pour des femmes en Inde

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Dans un pays où les femmes n’ont jamais été autant danger avec un taux de fœticide féminin très élevé, le petit village de Piplantri dans l’État du Rajasthan fait office d’exception. Là-bas, quand une petite fille naît, 111 arbres sont plantés aux alentours du village. C’est en 2006 que Shyam Sundar Paliwal, alors chef du village, lance cette initiative. Très marqué par le décès de sa fille quelques années plus tôt, l’homme cherche un moyen d’honorer sa mémoire. Il décide alors de mettre en place cette plantation d’arbres à chaque naissance et va même plus loin : dès qu’une petite fille voit le jour, les habitants du village et ses parents se cotisent pour lui ouvrir un compte en banque auquel elle aura accès à ses 20 ans. L’ensemble des villageois donne 21 000 roupies (soit 314 euros) et les parents 10 000 roupies (soit 150 euros) et signent également une déclaration sous serment, ils s’engagent à fournir une éducation à leur fille et à ne pas la marier avant l’âge légal. En l’espace de six ans, les 8 000 habitants de Piplantri ont planté un quart de million d’arbres. Cette nouvelle tradition a même permis de relancer l’économie : les villageois cajolent leur forêt et ont semé des plantes à l’aloe vera un peu partout pour protéger les arbres des termites. Résultat ? Grâce aux récoltes, ils ont pu créer leur propre ligne de produits médicinaux. Aujourd’hui, beaucoup de personnes vivent de ce commerce. Qui plus est, Piplantri est considéré comme un « village vert » et a reçu le Prix India’s Nirmal Gram pour sa contribution à la protection de l’environnement. Grâce à ce mode de vie sain, les problèmes de communauté ont totalement disparu. Les habitants de Piplantri affirment ainsi qu’aucune affaire judiciaire n’a été déplorée depuis au moins sept ans. Un exemple à suivre pour tout le pays !

Terre de Mars : le retour de l’agriculture à Marseille

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Le collectif Terre de Mars, association de jeunes paysagistes, est né fin 2014. Il est constitué d’une équipe de 6 jeunes fraîchement diplômés de l’École Nationale Supérieure de Paysage Versailles Marseille qui ont bien voulu se mettre « les mains dans la terre »… C’est au sortir de leur formation que la famille Tempier, dont l’un des membres fait partie du collectif, a prêté au groupe la terre attenante au Mas de Goguettes, dans le Quartier de Sainte-Marthe dans le 14ème arrondissement. Les étudiants se transforment alors en agriculteurs et sur plus de 1000 m2 de terrain, commencent à faire pousser tomates, aubergines, blettes, courges, haricots, carottes, courgettes, salades… Après une année 2015 d’exploitation prometteuse, les jeunes bénévoles ont envie de passer à la professionnalisation. Car le projet Terre de Mars c’est aussi l’occasion d’expérimenter un nouveau modèle d’urbanisme en prônant la valorisation des terres agricoles, la sauvegarde d’un patrimoine, la volonté de faire perdurer un savoir-faire et l’envie de protéger des paysages singuliers. Son ambition est également de promouvoir et développer une agriculture saine, durable et locale et de responsabiliser les habitants quant à l’importance du terroir dans la constitution du cadre de vie marseillais. Il s’agit en fait plus généralement de trouver un modèle socio-économique qui soit reproductible sur différents sites urbains à Marseille comme ailleurs. Pour l’instant le collectif ne s’arrête pas à la production mais diffuse déjà ses récoltes sous forme de paniers de légumes en plein centre ville au What’s up ?, petit resto de la Plaine. Et tout le monde dit que la production maraîchère est de grande qualité et très savoureuse…

L’if de Fortingall

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Le village de Fortingall était déjà célèbre pour son if, un des plus vieux arbres d’Europe, estimé à environ 5000 ans par les botanistes. L’arbre qui côtoie une petite église écossaise et son minuscule cimetière était souvent visité par les touristes connaisseurs… mais alors là, il défraye la chronique : il est en train de changer de sexe ! Identifié comme mâle depuis toujours, ce vieil if noueux et creux s’est mis à produire des baies, ce qui est exclusivement réservé au sexe féminin de l’arbre. L’intrigant phénomène a d’abord été constaté par Max Coleman, un botaniste de l’illustre Jardin Botanique Royal d’Édimbourg. Depuis tous se penchent sur ce curieux phénomène ! L’espèce (taxus baccata) est dioïque, c’est-à-dire à sexes séparés : certains individus naissent mâles, d’autres femelles. Tous deux produisent des fleurs, mais tandis que celles des mâles se chargent de la production du pollen, les fleurs femelles présentent des pistils qui, une fois fécondés, se développent en fruits. Chez l’if, les fruits sont appelés « arilles », des sortes de baies rouges sucrées entourant une graine à la dangereuse toxicité. Une seule hypothèse est envisagée pour expliquer cette bizarrerie transsexuelle : un changement dans l’équilibre de ses phytohormones, les hormones végétales, des substances dont dépend l’expression des caractères sexuels de la plante. Ce déséquilibre peut se manifester suite à un stress dans l’environnement de la plante comme l’aridité, des parasites, un changement de la composition du sol… ou tout simplement le réchauffement climatique ?

Provence Verte : un lycée agricole alternatif !

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Il y aurait aujourd’hui un nouvel attrait chez les jeunes pour l’agriculture alors qu’ils ne sont pas des enfants d’agriculteurs. Pour preuve le lycée Provence Verte à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume dans le Var accueille environ 500 élèves et apprentis de la 4ème à la Terminale avec 9 hectares de terrain en plus des établissements scolaires traditionnels. Il propose des Bac Technologique ou Professionnel avec options élevage, fruits et légumes, viticulture… et ça marche ! Le lycée ayant mis en place avec d’autres partenaires institutionnels un accès au foncier pour les jeunes, les anciens élèves sont tous aujourd’hui installés comme éleveurs, viticulteurs, maraîchers… En conversion bio, la ferme du lycée Provence Verte est en plein essor avec un élevage de chèvres et de brebis laitières, quelques chevaux, des volailles, des serres maraîchères et horticoles, des vignes, des surfaces fourragères pour alimenter le troupeau et même une fromagerie ! Les travaux à la ferme sont très prisés des élèves, qui dès la classe de 4ème sont souvent confortés dans leur projet professionnel et remotivés, pour des élèves qui étaient parfois en échec scolaire dans la filière générale classique, plusieurs reprennent ainsi goût à l’école. En plus, la démarche du lycée est de sensibiliser les élèves à une alimentation saine, de qualité et de saison. L’approvisionnement de la cantine se fait au maximum avec des produits frais et locaux et en partie avec des produits de la ferme du lycée. Les élèves qui travaillent dans les serres ont le plaisir de retrouver dans leur assiette la salade ou les radis cueillis le jour même ou les yaourts fabriqués la veille ! Tout cela donne du sens et de l’importance à ce qu’ils font…

Une basket avec des déchets plastiques marins

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Adidas aide à nettoyer les océans grâce à l’élaboration de chaussures en plastique recyclé ! La marque a sorti cette année 2015 le prototype d’une basket entièrement tressée à l’aide de déchets qui proviennent des océans, celle-ci a été présentée lors d’une journée aux Nations Unies consacrée à la pollution sous-marine et organisée par l’ONG Parley for the Oceans. L’échantillon a été fabriqué à base de filets remontés à la surface par l’association Sea Shepherd sur la côte ouest de l’Afrique : « c’était un filet de pêche qui tenait debout comme un mur au fond de la mer, tuant chaque poisson qui passait par là » a expliqué Cyrill Gutsch, le fondateur de Parley for the Oceans. On sait que dans les eaux du monde entier se côtoient faune, flore et déchets plastiques… et le nombre de morceaux de plastique a été estimé à 5 trillions (5 000 milliards) à la fin de l’année 2014… Autant dire qu’Adidas n’aura aucun mal à s’approvisionner vu la quantité de filets de pêche abandonnés dans les mers ! Ce genre d’initiative semble être une des solutions idéales pour lutter contre la pollution tout en restant créatifs et productifs. On attend le lancement officiel de la ligne de ces baskets cette année 2016 en espérant que ça devienne « la grande mode » et que tous les amoureux de « sneakers » se l’arrachent !

La plus grande centrale solaire d’Europe est française

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Le plus grand parc photovoltaïque d’Europe vient d’être inauguré à Cestas en Gironde, près de Bordeaux. Il s’agit d’une structure peu coûteuse, efficace et rapidement mise en place pour produire de l’électricité d’origine renouvelable : une ferme solaire de 230 hectares qui compte plus d’un million de panneaux solaires, installés sur une friche forestière héritée de la tempête « Martin » de 1999 (mais tous les arbres abattus pour la réalisation de cette centrale ont été replantés dans le département à titre de compensation écologique). Ce parc photovoltaïque géant, qui a nécessité 360 millions d’euros d’investissement, a été construit en seulement 10 mois, grâce à des techniques d’installation innovantes comme la pose de panneaux par cinq dans des glissières. Et il faut savoir qu’il produira en moyenne 350 gigawattheures par an, ce qui représente la consommation moyenne d’une ville de la taille de Bordeaux, soit environ 130 000 foyers. Une grande réussite technologique et économique sur un espace relativement restreint, qui nous montre que c’est possible et qu’il faut maintenant en France et ailleurs que l’on soutienne massivement l’installation de systèmes de panneaux solaires sur les toits des bâtiments où la place inutilisée ne manque pas…