l’actualité verte à Marseille

Provence Verte : un lycée agricole alternatif !

•••

Il y aurait aujourd’hui un nouvel attrait chez les jeunes pour l’agriculture alors qu’ils ne sont pas des enfants d’agriculteurs. Pour preuve le lycée Provence Verte à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume dans le Var accueille environ 500 élèves et apprentis de la 4ème à la Terminale avec 9 hectares de terrain en plus des établissements scolaires traditionnels. Il propose des Bac Technologique ou Professionnel avec options élevage, fruits et légumes, viticulture… et ça marche ! Le lycée ayant mis en place avec d’autres partenaires institutionnels un accès au foncier pour les jeunes, les anciens élèves sont tous aujourd’hui installés comme éleveurs, viticulteurs, maraîchers… En conversion bio, la ferme du lycée Provence Verte est en plein essor avec un élevage de chèvres et de brebis laitières, quelques chevaux, des volailles, des serres maraîchères et horticoles, des vignes, des surfaces fourragères pour alimenter le troupeau et même une fromagerie ! Les travaux à la ferme sont très prisés des élèves, qui dès la classe de 4ème sont souvent confortés dans leur projet professionnel et remotivés, pour des élèves qui étaient parfois en échec scolaire dans la filière générale classique, plusieurs reprennent ainsi goût à l’école. En plus, la démarche du lycée est de sensibiliser les élèves à une alimentation saine, de qualité et de saison. L’approvisionnement de la cantine se fait au maximum avec des produits frais et locaux et en partie avec des produits de la ferme du lycée. Les élèves qui travaillent dans les serres ont le plaisir de retrouver dans leur assiette la salade ou les radis cueillis le jour même ou les yaourts fabriqués la veille ! Tout cela donne du sens et de l’importance à ce qu’ils font…

Une basket avec des déchets plastiques marins

•••

Adidas aide à nettoyer les océans grâce à l’élaboration de chaussures en plastique recyclé ! La marque a sorti cette année 2015 le prototype d’une basket entièrement tressée à l’aide de déchets qui proviennent des océans, celle-ci a été présentée lors d’une journée aux Nations Unies consacrée à la pollution sous-marine et organisée par l’ONG Parley for the Oceans. L’échantillon a été fabriqué à base de filets remontés à la surface par l’association Sea Shepherd sur la côte ouest de l’Afrique : « c’était un filet de pêche qui tenait debout comme un mur au fond de la mer, tuant chaque poisson qui passait par là » a expliqué Cyrill Gutsch, le fondateur de Parley for the Oceans. On sait que dans les eaux du monde entier se côtoient faune, flore et déchets plastiques… et le nombre de morceaux de plastique a été estimé à 5 trillions (5 000 milliards) à la fin de l’année 2014… Autant dire qu’Adidas n’aura aucun mal à s’approvisionner vu la quantité de filets de pêche abandonnés dans les mers ! Ce genre d’initiative semble être une des solutions idéales pour lutter contre la pollution tout en restant créatifs et productifs. On attend le lancement officiel de la ligne de ces baskets cette année 2016 en espérant que ça devienne « la grande mode » et que tous les amoureux de « sneakers » se l’arrachent !

La plus grande centrale solaire d’Europe est française

•••

Le plus grand parc photovoltaïque d’Europe vient d’être inauguré à Cestas en Gironde, près de Bordeaux. Il s’agit d’une structure peu coûteuse, efficace et rapidement mise en place pour produire de l’électricité d’origine renouvelable : une ferme solaire de 230 hectares qui compte plus d’un million de panneaux solaires, installés sur une friche forestière héritée de la tempête « Martin » de 1999 (mais tous les arbres abattus pour la réalisation de cette centrale ont été replantés dans le département à titre de compensation écologique). Ce parc photovoltaïque géant, qui a nécessité 360 millions d’euros d’investissement, a été construit en seulement 10 mois, grâce à des techniques d’installation innovantes comme la pose de panneaux par cinq dans des glissières. Et il faut savoir qu’il produira en moyenne 350 gigawattheures par an, ce qui représente la consommation moyenne d’une ville de la taille de Bordeaux, soit environ 130 000 foyers. Une grande réussite technologique et économique sur un espace relativement restreint, qui nous montre que c’est possible et qu’il faut maintenant en France et ailleurs que l’on soutienne massivement l’installation de systèmes de panneaux solaires sur les toits des bâtiments où la place inutilisée ne manque pas…

Mémoires d’éléphants

•••

Un jour, il y a environ 35 ans, Jean-Paul Sidolle a un choc dans un musée à Tours quand il entre dans une salle et voit un éléphant grandeur nature, un vrai, mort, qui avait été naturalisé (« Fritz l’éléphant », un éléphant de cirque mort à 80 ans, empaillé et offert à la municipalité où il donna sa dernière représentation) ! Coïncidence, quelques heures plus tard, il apprend que les éléphants chassés pour leur ivoire et leurs pattes que l’on transforme en tabourets, sont en voie d’extermination. La vision de cet animal l’obséda à tel point qu’il s’est mis à acheter tous les objets-éléphants qu’il trouvait dans les magasins : objets usuels, fonctionnels ou décoratifs, il achète des éléphants comme pour les sauver et constitue petit à petit un troupeau de 1025 éléphants sans vie.

En 1989, travaillant en tant que surveillant au Musée des beaux-arts de Nantes, il écrit une lettre à tous les plus grands artistes du monde, peintres, sculpteurs et plasticiens pour leur demander de donner vie à un éléphant dans une création artistique : le projet « Mémoires d’éléphants » était né.

À ce jour, 917 artistes issus de 58 pays ont répondu favorablement, preuve de la préoccupation des artistes pour la protection de la planète dont l’éléphant est l’image emblématique. La démarche totalement désintéressée de Jean-Paul Sidolle qui a su mobiliser le monde de l’art contemporain – car les œuvres appartiennent aux artistes – n’a qu’un but : éveiller les consciences et sauver les éléphants ! Expositions avec livres et catalogues ont déjà eu lieu (Nantes 2012, Marseille 2015 en marge de la COP 21) et d’autres sont prévues cette année 2016 (Nice et Paris) pour qu’on n’oublie pas les éléphants…

www.jpsidolle.free.fr

couv-catalogue-Marseille-2015ean-Paul-Sidolle

Béa Johnson, « Miss zéro déchet »

•••

Béa Johnson, petite française originaire du Vaucluse, est partie aux États-Unis il y a plus de 20 ans et n’est jamais revenue ! Là-bas elle a rencontré son mari avec lequel elle a eu deux enfants et enclenché le rêve américain : grosse maison (280 m2), 4×4, shopping à tout va… Mais au bout de 7 ans, elle commence à ressentir un grand vide et la famille entière se remet en question. Ils décident de déménager à San Francisco en Californie, pays avant-gardiste en matière de protection de l’environnement. Elle se met alors doucement à changer de monde de vie : elle achète de la nourriture bio, supprime les sacs plastiques, utilise des gourdes à la place des bouteilles… Finalement elle se prend au jeu et devient jusque-boutiste ! Elle n’achète plus aucune nourriture avec emballage, fait sa propre cosmétique, tous les vêtements viennent de la fripe, l’ameublement de la recup’… La seule chose qu’elle a acheté de neuf dans toute la maison : c’est un tube de crème solaire !

En 2009 elle lance son blog sur le changement de vie. Une voisine qui travaille pour le New York Times va la faire connaître et depuis elle parcourt le pays de conférences en dédicaces ! Aujourd’hui elle est considérée aux USA comme une icône de l’écologie : la « frenchy » écolo, qui n’a rien d’une baba cool « hippie et Granola » selon l’expression américaine, est la preuve vivante qu’on peut vivre en famille, normalement, en produisant « zéro déchet ». C’est d’ailleurs le titre de son ouvrage, best-seller traduit en plusieurs langues (aux éditions Les Arènes en français). Dans cet ouvrage elle donne des centaines d’astuces, trouvailles et conseils pratiques pour éviter de produire des déchets tout en s’amusant ! Et elle a réalisé 40 % d’économie dans son budget en réduisant ses déchets à moins de 1 litre par an ! Elle affirme qu’en plus ils sont tous les quatre en bien meilleure santé et beaucoup heureux qu’avant ! On la croit.

Raoni, figure emblématique de l’Amazonie

•••

Vous l’avez sûrement déjà vu sur un plateau de télévision avec son disque de bois (un botoque) dans la lèvre inférieure ! Raoni Metuktire, l’un des grands chefs du peuple Kayapo est depuis des années une figure internationale emblématique de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne et de la culture indigène. Il est né dans un petit village de l’État du Mato Grosso vers 1930, au cœur de la partie brésilienne de la forêt amazonienne. C’est en 1954 que Raoni et les membres sa tribu rencontrent pour la première fois des Occidentaux. En 1964, il croise le chemin de l’ancien roi Léopold III de Belgique, alors que celui-ci est en expédition dans les réserves indigènes protégées du Mato Grosso. L’inquiétude de sa tribu face à la déforestation est déjà grande lorsqu’il devient, en 1978, le sujet d’un film documentaire de Jean-Pierre Dutilleux intitulé Raoni et narré par Jacques Perrin. L’acteur Marlon Brando, alors au sommet de sa gloire, a accepté d’être filmé pour la séquence d’ouverture et le film Raoni est nommé aux Oscars. L’intérêt soudain des médias brésiliens en fait un porte-drapeau naturel de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne, gravement mise en danger par la déforestation anarchique, l’avancée des cultures de soja et les barrages hydroélectriques. Raoni va depuis consacrer toute sa vie à parler au monde entier de sa forêt amazonienne. Aujourd’hui à 85 ans (environ) il était présent bien sûr à la COP 21 avec son groupe : l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Depuis longtemps il réclame la reconnaissance pénale internationale des écocides : les crimes organisés contre la planète.

www.raoni.com

Le Plongeur d’Or 2015

•••

Le français Thibault Rauby a décroché le Plongeur d’Or au Festival Mondial de l’image sous-marine au Parc Chanot à Marseille du 29 octobre au 1er novembre 2015, et ce dans la catégorie photo papier avec cette photo insolite d’une petite post-larve de baudroie (lophius piscatorius) prise au large d’Antibes. Comme quoi nul besoin de partir aux antipodes pour décrocher le Plongeur d’Or ! Le Festival a abordé cette année le thème de la Blue Society, qui vise à l’utilisation responsable des ressources marines de la part des citoyens ainsi qu’au développement de technologies écologiques innovantes.

COP 21 : c’est fini et c’est OUI !

•••

« C’est un petit marteau mais il peut faire de grandes choses » ! Les représentants des 195 pays ont adopté avec un petit coup de marteau en bois vert un accord mondial sans précédent pour lutter contre le réchauffement climatique hier soir, 12 décembre 2015, au Bourget à Paris.

Plus ambitieux que l’objectif initial qui visait à contenir le réchauffement sous le seuil de 2° C, l’accord limite la hausse à 1, 5° C dans un texte qui engage juridiquement tous les pays signataires. Et pour solder leur dette climatique les pays du Nord ont prévu que l’enveloppe des 100 milliards par an d’ici 2020, soit une somme plancher qui pourra (et devra ?) être relevée. Beaucoup critiquent déjà : 1 degré et demi c’est encore trop, les contraintes juridiques sont insuffisantes, les délais sont trop longs… Accord trop flou, trop vague, pas assez précis… Trop, pas assez, on peut toujours critiquer…

Alors bien sûr il faudrait faire beaucoup plus et surtout beaucoup plus vite pour sauver la planète, bien sûr il faut attendre de voir comment l’accord va être appliqué pour dire s’il sera historique, bien sûr les sinistrés climatiques dans le monde ne peuvent pas s’en contenter… mais nous avons tous senti hier une vague humaine d’espoir sur laquelle nous allons surfer ! La COP 21 aura au moins servi à faire prendre conscience à tous les citoyens des pays riches que nous avons un grave problème de réchauffement climatique à régler (plus personne n’est « climato-sceptique » à part le Congrès républicain américain !).

La voilà la victoire : elle appartient aussi à chacun d’entre nous, les gens, les civils, les hommes, les femmes, nous devons chacun dans notre quotidien prendre soin de notre planète comme nous prenons soin de nos enfants. Alors la COP 21 c’est fini… mais c’est maintenant que ça commence : on s’y met tous !

L’homme qui voulait nettoyer les océans…

•••

Alors qu’il n’était encore qu’un adolescent de 17 ans, le néerlandais Boyan Slat a mis en place son projet « Ocean Cleanup » qui pourrait permettre de retirer 7, 25 millions de tonnes de déchets plastiques polluant actuellement les eaux autour du globe. Alors que des phases de test étaient en cours depuis plusieurs mois, l’idée révolutionnaire, et très controversée de l’étudiant, est en passe d’effectuer le premier nettoyage en mer : le dispositif va être déployé dans les eaux entre le Japon et la Corée du Sud au cours du deuxième trimestre de 2016. On sait que les 8, 8 millions de tonnes de déchets plastiques déversés chaque année dans les océans font des ravages sans précédent. La solution proposée par ce petit génie pour nettoyer ces débris dévastateurs consiste en un réseau de barrages flottants et de plateformes de traitement qui pourraient récupérer les ordures à travers le monde. Plutôt que de se déplacer dans l’océan et aller repêcher les déchets, ce réseau de barrages agirait comme un entonnoir géant. L’angle des barrages dirigerait les matières plastiques en direction des plates-formes, où elles seraient séparées du plancton, filtrées et stockées en vue de leur recyclage. Le dispositif de nettoyage d’« Ocean Cleanup » a été contesté quant à sa réelle faisabilité, mais après une étude de faisabilité d’une année, il a été conclu que non seulement « Ocean Cleanup » fonctionne, mais il peut également être en mesure de nettoyer la moitié du vortex de déchets du Pacifique nord en seulement 10 ans ! Géant.

Nettoyer-les-oceans-1 nettoyer-les-oceans-2

"Demain" : écolo et positif c’est possible !

•••

Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, le co-fondateur du mouvement Colibris de Pierre Rabhi, Cyril Dion, et l’actrice Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l’éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré partout les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation toujours dans le respect de la planète. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà à petite échelle, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être un monde différent dans lequel on aurait résolu les crises écologiques, économiques et sociales que traversent actuellement nos pays. Un film enthousiaste, humaniste et chaleureux dont on sort heureux et qui nous donne envie de participer à la création d’un monde meilleur : celui de « Demain » ! Tout à fait « esprit Marseille Vert »…