l’actualité verte des entreprises

Tristan Lecomte, entrepreneur perché

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Tristan Lecomte est né en octobre 1973 à Reims. Diplômé d’HEC, il fait ses débuts chez L’Oréal avant de fonder en 1998 Alter Eco, entreprise pionnière du commerce équitable à laquelle il se consacre pendant douze ans. Entre temps il lance le projet Alto Huayabamba qui permet de planter 2 millions d’arbres en Amazonie. En 2008, il récidive avec Pur Projet, un collectif de lutte contre la déforestation et le changement climatique menant des projets de reforestation et de conservation forestière en Amérique du Sud et en Asie « car oublier que la forêt est sacrée, c’est oublier ses multiples interdépendances avec le vivant et c’est mettre en péril la survie de notre propre espèce » explique-t-il. Pur Projet, c’est 5 millions d’arbres plantés dans 155 sites répartis dans 30 pays, avec le soutien de marques telles que Nestlé, Accor, Clarins… Nommé Fellow Ashoka pour cette initiative, Tristan Lecomte a aussi été désigné en 2010 comme l’une des « 100 personnes les plus influentes du monde » par le magazine américain Time. En 2013, la Fondation américaine Schwab pour l’Entreprenariat Social et le Forum Economique Mondial de Davos ont désigné Tristan Lecomte « Entrepreneur social de l’année ». Chapeau.

La Terre sans nous…

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Que deviendrait la Terre si l’homme disparaissait ? Un professeur de journalisme de l’Université de l’Arizona, Alan Weisman, auteur de Homo disparitus, a étudié la question. En quelques semaines, les circuits de refroidissements des centrales nucléaires n’étant plus alimentés, des explosions irradieraient de vastes zones. Au bout de quelques années, les villes seraient envahies par la végétation et les constructions humaines s’écrouleraient. Les animaux domestiques et les cultures disparaîtraient. Après quelques milliers d’années les pollutions dues à l’activité humaine commenceraient à être résorbées. Au bout de 100 000 ans, notre impact sur l’effet de serre serait imperceptible et il n’y aurait plus aucune trace de nos constructions. Après 250 000 ans, la radiation créée par l’humain ne serait plus détectable. Le souvenir le plus tenace de l’homme serait finalement une myriade de petits granules de plastique, qui subsisteraient des centaines de milliers d’années… Nous sommes bien peu de choses par rapport à la planète !

L’écologie s’habille en Prada

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Dix grandes marques de la mode italienne, dont Gucci et Prada, se sont engagées à limiter les substances chimiques dans leurs vêtements et accessoires, a annoncé le président de la Chambre de la mode italienne, Carlo Capasa, lors du salon Première Vision à Paris. « Dans notre industrie, il n’y a pas d’avenir sans développement durable », a estimé Carlo Capasa au cours d’un débat sur « la responsabilité » dans la mode, organisé par ce salon, principal rendez-vous mondial des professionnels de la filière. Dix grandes maisons – Gucci, Prada, Armani, Zegna, Valentino, Ferragamo, OTB, Staff International, Loro Piana et Versace – réunies par la Chambre de la mode italienne dans un groupe de travail sur le développement durable, ont convenu de respecter un niveau maximal de substances chimiques dans leurs produits, plus restrictif que les réglementations en vigueur. Ces engagements, qui concernent 500 substances, seront publiés rapidement, a précisé Carlo Capasa. Le document fixe aussi une limite, plus ambitieuse, à atteindre à l’avenir et préconise l’utilisation de substances alternatives, moins nocives. Le groupe de travail a aussi pour objectifs de se pencher au cours des deux ou trois prochaines années sur la traçabilité et l’origine des fils, des tissus, du cuir, ainsi que sur les conditions de travail du personnel. La Chambre de la mode espère que l’ensemble de ses membres finira par se plier aux préconisations. « Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la responsabilité des marques, demandeurs de produits respectueux de l’environnement et soucieux des conditions de travail des ouvriers depuis le drame du Rana Plaza », a commenté Chantal Malingrey, directrice marketing de Première Vision.

Poésie et Climat à Paris du 4 octobre 2015 au 28 février 2016

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L’art contribue à éveiller les consciences ! C’est pourquoi la Fondation EDF à Paris a souhaité donner un écho particulier au grand débat de cette fin d’année 2015 sur les enjeux climatiques avec une expo intitulée « Climats artificiels ». Avec une trentaine d’œuvres, d’artistes de tous horizons, le parti pris est simple : proposer une vision métaphorique des enjeux climatiques, et permettre à chacun de se questionner, et de les appréhender avec poésie, pour au final mobiliser sa propre conscience… Traverser un nuage, disparaître dans le fracas d’un vague, rester pétrifié devant l’épaisse fumée noire qui traverse la capitale… Des installations signées Marina Abramović, Hicham Berrada, Spencer Finch, Laurent Grasso, Hans Haacke, Ange Leccia ou Yoko Ono… Et au fil du cheminement poétique et métaphorique, notre conscience écologique, immanquablement, prend forme et s’aiguise.

www.fondation.edf.com

Marie, bergère dans les cités marseillaises

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Marie Maurage a répondu à un appel d’offres de la Mairie de Marseille pour réhabiliter une ancienne ferme abandonnée en plein cœur des quartiers Nord, dans la cité des Flamants ! Dans son troupeau, élevé sans pesticides, antibiotiques ni hormones, on trouve chèvres alpines, vaches jersiaises, brebis sardes, jument de trait et chien de berger malinois… Elle fabrique elle-même ses produits bio qu’elle vend dans la petite boutique de la ferme : un beurre succulent, des yaourts en pots de verre consignés, de la faisselle et ses petits fromages nature ou assaisonnés au poivre et à la sarriette. Une curiosité pour les grands et les petits de la cité ! En outre, Marie s’est engagée envers la Mairie à dispenser quinze heures d’animations par semaine aux groupes scolaires. L’occasion de transmettre son expérience aux enfants des cités : « Mon sujet préféré, c’est l’alimentation. On est dans un quartier pauvre où les parents achètent dans les magasins discount de la nourriture de mauvaise qualité. Je conseille aux enfants de manger local, bio et de saison. Je leur apprends à lire les étiquettes pour en faire des adultes responsables. Je leur parle du lien social et identitaire qui se tisse autour d’une table et qui n’existe pas lorsqu’on mange un bol de chips, seul devant l’ordinateur »

Un havre de paix au milieu des HLM.

Bientôt des Lego écolos

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Le leader mondial du jouet se rêve en entreprise durable… Avec 60 millions de petites briques en plastique fabriquées par an, Lego a décidé d’investir dans la recherche de nouveaux matériaux, moins polluants, plus écolos, mais toujours aussi colorés. Le leader mondial du jouet a annoncé le 14 juin le lancement d’un centre de recherche à Berlin. Avec 100 spécialistes mobilisés et un investissement d’un milliard de couronnes danoises (environ 135 millions), Lego entend trouver un nouveau matériau pour ses légendaires petites briques emboitables d’ici à 2030.

Le PDG du groupe Lego, Jorgen Vig Knudstorp, a confié à la télévision danoise TV2 ses ambitions : « Nous avons déjà pris d’importantes mesures pour réduire nos émissions de CO2 et faire quelque chose de positif pour l’environnement en réduisant la taille de nos boîtes et en investissant dans des éoliennes. Maintenant nous allons nous concentrer sur nos matériaux ». En juillet 2014, une campagne vidéo de Greenpeace avait détourné les petits bonhommes jaunes pour dénoncer le partenariat des jouets avec le groupe pétrolier Shell. Après ce bad buzz, Lego a finalement rompu ses relations avec le producteur de pétrole, et au printemps 2015, pour oublier cette mauvaise publicité, l’entreprise s’est associée à la célèbre organisation mondiale de protection de la nature WWF.

Bientôt des Lego écolos à commander au père Noël !

La résurrection du lac d’Annecy

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La résurrection du lac d’Annecy

Il aura fallu presque 70 ans de résistance et d’efforts acharnés pour que « le lac bleu » retrouve son nom et serve aujourd’hui de modèle à la réhabilitation de tous les lacs d’Europe dont le lac Baïkal, la plus grande étendue d’eau douce du monde, tragiquement pollué par les usines de cellulose et de ciment. Tout a commencé en 1943, à l’époque, l’écologie n’existe pas, c’est un médecin, Paul Sevettaz, qui alerte ses concitoyens sur de gros problèmes sanitaires causés par le lac. Il faut dire qu’on déverse allègrement à ce moment-là dans ce joyau des Alpes, les égouts domestiques, agricoles et industriels !

Dès lors le travail sanitaire se met en place, et petit à petit le lac retrouve sa transparence grâce entre autres à la création en 1957 du Syndicat Intercommunal du Lac d’Annecy (SILA). S’en suivent de gigantesques chantiers de collecteurs jusqu’en 2001 où est mis en place un réseau d’assainissement collectif. Mais ce n’est pas fini, il a fallu aussi faire admettre que la biodiversité dans le lac avait besoin de zones marécageuses… Aujourd’hui le lac d’Annecy est considéré comme l’un des lacs habités les plus purs du monde et toutes les espèces originelles (dont bon nombre avaient disparu) sont revenues. Comme quoi quand on veut on peut !

L’histoire du colibri

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Un feu dévastateur se déclenche sur la terre et se propage à grande vitesse de village en village, de forêt en forêt… Les hommes courent, s’empressent, certains tentent de l’éteindre avec des récipients pleins d’eau, mais beaucoup n’ont plus qu’une hâte : s’éloigner et se mettre à l’abri. Les animaux aussi sont tous paniqués. Dans le ciel, un petit colibri s’affaire. Il vote de feuille en feuille, très haut, à la recherche de la moindre goutte d’eau. Dès qu’il en saisit une, au creux d’une feuille ou d’une souche, il la met dans son bec et va la projeter sur le feu. Et le manège recommence, le petit colibri continue, toujours plus rapide et concentré sur sa tache. Un homme qui l’aperçoit au loin l’interpelle : « Petit colibri, mais pourquoi t’affaires-tu de la sorte ? Tu vois bien qu’à toi tout seul, tu ne peux pas éteindre le feu » ! Le petit colibri répond : « Je sais, mais je fais ma part ». C’est cette légende amérindienne qui a inspiré Pierre Rabhi pour créer son mouvement : www.colibris-lemouvement.org

Des gobelets pour planter des fleurs ou des arbres

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Chaque année aux USA on jette pas loin de 146 milliards de gobelets en plastique, servant de tasses à café aux américains. Alex Henige en a eu marre de jeter chaque jour son gobelet en plastique… Il a alors eu une idée géniale : il a inventé le gobelet qui devient une plante, c’est le projet « Reduce Reuse Recycle ». Les récipients sont composés de fibres entièrement naturelles et biodégradables et ils incorporent dans leurs parois des graines de fleurs sauvages ou d’arbres. Les gobelets peuvent être jetés sur la terre et ils pousseront, sinon, dans une poubelle, ils se décomposeront tout simplement. C’est déjà distribué en Californie. On les attend impatiemment en France !

L’arbre de l’année 2015

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L’arbre de l’année 2015 a été dévoilé le 29 septembre lors d’une cérémonie organisée à la Maison de la Région Poitou-Charentes à Poitiers. C’est la 4ème édition de cette opération créée par Terre Sauvage avec l‘Office National des Forêts, qui permet à tous les publics, groupes, familles, communes, écoles, entreprises ou associations de proposer la candidature de leur arbre préféré. 300 candidatures ont été recueillies et ont fait l’objet d’une première sélection. Les 25 arbres sélectionnés par le jury national représentant chacun leur région ont été présentés sur le site internet de l’événement, où le public a pu voter de mars à septembre. Ils ont été choisis sur des critères naturalistes et esthétiques ou liés à leur valeur historique, culturelle, affective, sociale, symbolique ou régionale. Le 23 septembre, deux d’entre eux ont été élus « arbre de l’année 2015 » : le Prix du Public a été décerné à un Fromager de Saül en Guyane et le Prix du Jury revient au Cèdre bleu pleureur de l’Atlas de Chatenay-Malabry représentant le département des Hauts-de-Seine. Il y a 150 ans, un pépiniériste planta un Cèdre bleu de l’Atlas (Cedrus atlantica Glauca) mais une mutation apparut donnant un caractère pleureur à cet arbre. C’est donc le premier individu de la variété Cèdre bleu de l’Atlas, les autres spécimens présents dans le monde sont tous issus de boutures ou de greffes réalisées à partir de cet exemplaire unique.