En Australie, une centrale à vagues produit de l’énergie pour la première fois dans le monde ! À quelques kilomètres de Perth, au sud-ouest de l’Australie, la start-up Carnegie a mis en activité il y a quelques mois la première centrale à vagues reliée à un réseau électrique. La centrale « houlomotrice », baptisée Ceto en référence à une déesse grecque de la mer, est le résultat de treize ans de travail et d’un investissement de 100 millions de dollars australiens (soit 70 millions d’euros). De grosses bouées comme des soucoupes volantes de onze mètres de diamètre et cinq mètres de hauteur voguent à un mètre sous la surface de l’océan Indien. Les vagues font bouger chaque bouée, ce qui actionne un piston hydraulique fixé à 24 mètres au fond de la mer. « Ce mouvement pressurise un fluide contenu dans le piston, le fluide est envoyé à terre par un tuyau et passe dans une turbine qui convertit l’énergie hydraulique en énergie mécanique » explique l’ingénieur Alexandre Pichard. Dans une centrale située sur l’île de Garden Island, un générateur transforme enfin cette énergie mécanique en électricité.

Depuis sa mise en service, la centrale a tourné pendant plus de dix mille heures et a survécu à des vagues de plus de six mètres de haut. « Avec ce prototype, nous voulions surtout montrer que la technologie fonctionne et peut être réalisée à plus grande échelle », rajoute Michael Ottaviano, le PDG et fondateur de Carnegie. Chaque bouée est équipée de plus de 500 capteurs qui enregistrent la pression, le débit, la température de l’eau. L’électricité produite alimente ainsi une usine de désalinisation d’eau, qui fournit un tiers de l’eau de Garden Island. Cette technologie peut donc rendre une île autonome en énergie, selon ses constructeurs. « D’où vient l’énergie d’une île ? Elle n’a généralement pas de charbon ou de gaz, alors la majorité arrive par bateau sous forme de fioul. C’est cher, sale d’un point de vue écologique et peu fiable. Si le bateau n’arrive pas, l’île se retrouve sans électricité » insiste Michael Ottaviano, et si les autres énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire peuvent être une partie de la solution, on ne peut pas recouvrir une île entière d’éoliennes ou de panneaux solaires. Notre centrale a l’avantage d’être située sous l’eau et donc d’être invisible. Un atout considérable pour le tourisme », développe-t-il.

En France Carnegie a signé un partenariat avec EDF Energies Nouvelles pour installer une unité Ceto au large de La Réunion…

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